Bref, je me suis coupé les cheveux.
jeudi 18 avril 2013
lundi 15 avril 2013
J'aime l'idée de remonter le mécanisme d'une montre. On a d'autant plus conscience du temps qui passe.
Hallo iedereen !
Je sais que je commence chaque post par des excuses bidons sur le manque de nouvelles, mais ne vous en faites pas, on s'habitue à tout. A défaut de vous poster un texte long, indigeste, que dis-je, colossal ! Je vous propose de rattrapper le temps perdu épisode par épisode pendant cette semaine qui, croisons les doigts, devrait être un brin plus reposante que les précédentes.
Au dernier épisode, je rentrais de Budapest pour reprendre intensément les cours. C'est ainsi que j'ai bouclé mon premier projet de textile dont vous avez déjà pu voir une photo prise à l'iPod, je vous présente maintenant la photo officielle, plus retravaillée et léchée que la précédente.
Mais chassez les distractions, elles reviennent au galop. Cette semaine correspondait au début des vacances de Pâques en Belgique. C'est ainsi que j'ai eu le plaisir d'accueillir mes amis belges en vacances à Cluj ! Ma réjouissance était comparable à celle d'un gosse ouvrant ses cadeaux ou à celle d'un porc qui vient de recevoir un sceau de mélasse. Mais ne précipitons pas les choses, avant qu'ils ne posent leur pieds sur le macadam bosselé de Roumanie, ces inconscients ont choisir le système D pour arriver jusqu'ici. Ils ont pris l'avion jusque Budapest en Hongrie avant de se manger 600 bornes en voiture de location. Les routes hongroises riment avec courtoises, mais les roumaines riment plutôt "tu-vas-en-chier-aine". Beh oui, la Roumanie compte sur tout son territoire seulement trois autoroutes. Le reste n'est que galère : les routes reliant la majorité des villes ne sont que de petites nationales bien souvent à une bande avec des nids de poules qui feraient mieux de s'appeler nids de phacochères.
Ils sont donc arrivés morts (mais vivants) sur le coup de minuit dans leur hôtel près de la gare. Ca faisait tellement plaisir de les revoir, de parler de la vie à Liège, de lire La Meuse et puis surtout d'ouvrir les paquets de chocolats Galler envoyés par ma chère mère :D Il y avait également un paquet de la part de Cédric et Virginie (mon frère et sa fiancée pour ceux qui ne sont pas au courant de mon arbre généalogique) contenant un peu plus que du chocolat...
![]() |
| Oui c'est bien ça, en plus d'être oncle je vais devenir parrain ! |
Ca y est, je sais maintenant ce que c'est que de pleurer de joie. C'est encore plus incompréhensible que de pleurer devant un film. Je me réjouis tant !
Mes amis ne restant que peu de jours, le programme était chargé !
Jeudi, pendant qu'ils faisaient dodo pour se remettre de leurs émotions, je me suis rendu à Zorilor pour suivre le cours d'une artiste photographe américaine ici pour le mois. Elle me rappelle ma coordinatrice Morina quand j'étais au Texas, dans sa manière de parler et de bouger "un peu fofolle". Les autres m'ont rejoint plus tard à la résidence avec une heure de décalage car je n'avais pas pensé à leur rappeler qu'il y en avait une entre ici et Liège. On a mangé tranquillement à la résidence et ils ont pu comprendre à quel point c'est cool de vivre ici avant qu'on aille faire un tour dans Cluj. On a visité les différents départements de l'école et tout le centre avant de boire un verre à l'Atelier Café, un café où tout le mobilier et la décoration sont en carton ondulé. Le soir, bowling bien sûr, restaurant au 4Amici et cocktails au Jani's. C'est ça la vie d'Erasmus.
Ajout après relecture, j'ai revu la prof quelques jours après pour lui apporter des photos pour un projet d'exposition. J'ai d'abord poireauté deux heures qu'elle regarde les travaux de tout le monde et puis on a discuté pendant plus d'une heure juste elle et moi. Elle était fascinée par mon histoire atypique de belgo-italo-luembourgeois, danseur de classique comme son fils, parti un an en Amérique dans une famille noire au Texas alors qu'elle vient d'Alabama et qui se retrouve aujourd'hui en Roumanie, un pays qu'elle adore. On a parlé de tant de choses, de la vie, de religion, des mentalités des gens et de photographie. Elle était fan de mes photos, c'était un véritable plaisir d'entendre quelqu'un vous lancer des fleurs et qui aime votre travail. C'est une des premières fois de ma vie où j'ai un léger sentiment murmuré du bout des lèvres que je fais de l'art. Mon projet pour l'exposition est quasi prêt, je me réjouis !
Le lendemain, vendredi, on est partis en trip jusque Turda pour visiter les mines de sel dont je vous ai déjà parlé. GRAVE ERREUR, c'est le jour où l'entièreté des écoles primaires roumaines ont choisi pour visiter cette endroit. Du coup, ça sent la boite à tartine, la morve au nez et le cul mal torché. Ca gueule, ça court, ça lèche les murs de sel et puis surtout ça fait une sacré file d'attente à l'ascenseur. (Serait-ce paradoxal de critiquer si ardemment les gosses alors que je hurle de joie à l'idée d'être parrain? Certes.) Bien que le brouhaha constant des gosses ruine un peu le coté solennel de cet endroit où un pet de mouche devient concert de Franco Dragonne, la mine était toujours aussi belle et écrasante.
| Loutre et Amélie (en vérité il s'appelle Simon, mais qui l'appelle vraiment Simon à part ses parents ?!) |
| Julie, Pierre, Amélie et Loutre |
| Monter sur le dos de Julie comme sur celui d'un lama, check. |
| Ce genre de photos, ce serait dommage de les garder pour soi. |
| Photo garantie 100% non-retouchée. |
Pour le détail complet du reste de nos activités, j'avoue que ma mémoire me fait un peu défaut. Mais en gros, retenez surtout qu'on a passé du bon temps ensemble, qu'on a bien fait la fête afin d'honorer Li Toré de Liège, qu'on a fait les touristes et que c'était bon.
C'était une véritable bouffée d'air frais que de revoir mes amis, surtout ici à Cluj ! Vous êtes tous les bienvenus pour me rendre visite ici (comprenez que ceci est un tous restrictif hahaha).
Samedi soir, ils sont donc déjà repartis pour une nuit de l'enfer sur les routes roumaines, ce qui s'est passé dans cette voiture pendant ce trajet doit rester secret d'état jusqu'à la nuit des temps (une roue crevée, un cas sévère de gastro et probablement quelques pétages de plombs car il n'est jamais très bon de laisser Amélie et Pierre dans un même espace confiné plus de dix minutes).
A peine partis, arrivaient déjà deux nouveaux visiteurs. Mais ça, c'est pour la prochaine fois !
Zwarme kusjes à tous, portez-vous bien !
dimanche 7 avril 2013
J'aime bien attendre d'être dimanche pour me raser. Le dimanche, on peut dormir, faire un déjeuner, trainasser en pyjama et prendre une douche au beau milieu de l'après-midi.
A défaut d'un article complet vous relatant les supers aventures de la semaine qui vient de passer, voici quelques "amuses-gueule" (je hais ce terme quasi autant que zakouski).
Walk off the Earth ft Selah Sue - Can't take my eyes off you
(Le duo de rêve, j'y croyais pas !)
Sinon je vous propose de découvrir une collection des 60 plus beaux cinémagraphes en cliquant ici. Le cinémagraphe est une technique ressemblant au gif. Contrairement à celui-ci, seule une partie de l'image est animée. A mi-chemin entre la photographie et la vidéo, je trouve que cette technique dégage une poésie unique en son genre.
Maintenant, place à la minute roumaine. Un véritable vent de fraicheur va venir s'installer dans le néant de votre culture musicale (car oui, si vous ne connaissez pas l'artiste qui va suivre, vous ne connaissez rien à rien, désolé d'être aussi brutal). De son doux nom Sandu Ciorba, il porte à merveille le mulet aux cheveux crollés avec effet "mouillé" et devrait rencontrer un franc succès si seulement le mauvais goût était vendeur (quoique, au vu des hits parade, je ne devrais peut-être pas dire ça). Enfin, trêve de blabla et place aux images.
Sandu Ciorba - Dalidomba
Sandu Ciorba - Ale
Ca c'est intéressant à regarder car on y voit la danse traditionnelle roumaine
comme on en a vu à Palatca, avec d'autres tenues vestimentaires, certes.
Bogdan de la Cluj - Arata ca ai valoara
Et ça, c'est juste parce qu'on va encore plus loin dans l'immonde et que c'est filmé dans le même café pourave. Enjoy !
mardi 2 avril 2013
"Trop de chiens abandonnés et de chiennes trop maquillées". Jicé
Salut tout le monde :)
Après toute cette vacuité blogaire, je me réserve enfin la soirée pour vous conter les merveilles que nous avons vécus dernièrement.
Reprenons l'histoire où nous l'avions laissés, c'est à dire il y a plus d'une semaine. Antoine, un ami de Juliette en Erasmus à Madrid a débarqué pour la semaine afin de visiter les tréfonds de la Roumanie. La co-locatrice de Raluca, copine de mon co-locataire Cyprien, s'est cassée sans raison du jour au lendemain. Résultat, ils emménagent ensemble et j'hérite de la nouvelle quiétude, organisation et propreté de ma chambre, en solo. J'ai réaménagé à ma sauce, il y a de l'espace et de la lumière à profusion, je pense avoir atteint le presque nirvana de ce dortoir (le nirvana serait une bonne connection internet en plus).
Lundi soir, Brice proposait de partir en trip à Bucarest quelques jours avant que sa copine Audrey, qui était venue pour trois semaines, ne retourne au pays. Ni une, ni deux, on a fait nos sacs et le lendemain, nous étions dans le train couchette en direction de Bucarest. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c'est juste trop kiffant que de dormir là-dedans, bercé par le doux ronronnement du train sous une grosse couette bien lourde.
| Laura et Brice |
| Juliette |
Après une nuit relativement courte mais confortable, nous sommes arrivés vers 8h à Bucarest. Le temps était ra-dieux, une tempête de neige nous est tombée sur la gueule du moment où nous sommes arrivés à celui où nous avons quitté la ville. Un vent à vous faire frétiller la moelle, et puis bien sûr, des trottoirs envahis par la neige. Le système d'évacuation des eaux usées aux abords des trottoirs est inexistant, comprenez qu'à chaque fois que vous traversez une rue, il faut soit s'appeler Moïse pour séparer les flots, soit avoir été gazelle dans une vie antérieure afin de sauter au dessus. Pour notre cas, on a eu les pieds trempés.
Avec notre douce âme de parigots, on a émit le désir de prendre un café au chaud avant de commencer à explorer la ville. Une fois de plus, la ville nous a surpris par la non-existence de petit café au coin de chaque rue. On ne peut pas avoir des chiens errants ET des bistrots à tous les coins de rue, il faut savoir faire des choix. Après une petite heure de marche, nos voeux ont été exhaussés au café La Mode, hideusement à la française, avec écrit aux murs des mots kitsch à souhaits de la part de tous les clients. (Carpe diem - J'aime la vie <3 - Be yourself - Big Up à Justine, Véra et Julie).
Nous sommes allés jusqu'à l'auberge afin d'y déposer nos sacs. Les taxis sont encore moins chers qu'à Cluj (1.39lei/km contre 1.79), mais ce n'est pas pour autant qu'on allait payer moins cher. Le taxi de Juliette, Laura et Antoine les a roulés en leur faisant payer le double.
Libérés d'un poids, on est allés se promener dans Bucarest afin de voir les bâtiments phares de la ville. Pour que vous compreniez le gigantisme de cette ville, si toutes les capitales d'Europe étaient de gros machos écervelés comparant la taille de leur engin, Bucarest gagnerait haut la main. On sent bien l'influence communiste qui a voulu faire de la ville une vitrine au régime. Il y a une flopée de monuments énormes et clinquants, un véritable tape à l'oeil perpétuel qui a vite fait de vous donner de la conjonctivite. Les rues sont des boulevards sans âme, le quidam tire la gueule, pas grand monde n'est aimable avec vous et puisqu'on est touristes, toutes les occasions sont bonnes pour essayer de nous rouler.
Le plus impressionnant de tous les bâtiments est "La Maison du Peuple". Construit par Ceausescu, ancien dirigeant communiste roumain (un sacré petit bâtard), avec l'argent de ce peuple qui crevait de faim. On peut dire qu'il s'est fait plaisir avec quelques 350 000 m² de surface habitable. Aujourd'hui, la maison du peuple (Casa Poporului) a été renommée maison du parlement car elle abrite le sénat, la chambre des députes et accessoirement le musée d'art contemporain. Après s'être coltinés tout le périmètre afin de trouver l'entrée du musée, nous avons jouit d'un spectacle inouï. Je mens, c'était un musée minable. Bénéficiant d'un cadre exceptionnel, il ne présente pourtant que très peu d'oeuvres intéressantes. Sans parler que tout est en français, les pauvres roumains qui veulent se cultiver l'ont dans l'os ! Mais restons positifs, le panorama depuis la cafétaria sur le toit est vraiment top :)
Nous avons continués la journée en nous promenant sur les grands axes, toujours abasourdis par l'énormité de tout ce qui nous entourait. Le soir, exténués, on est rentrés au chaud de l'auberge pour manger tous ensemble et passer une soirée tranquille dans "le lounge" avec les autres touristes sur place. Deux allemands, trois français et ceux qui ne sont jamais sortis de leur chambre. Je me retiens de vous écrire une litanie sur la manière dont un des français m'exaspérait. En revanche, je ne vais pas m'abstenir d'en écrire une sur ce-gars-qui-vient-de-l'étranger-pour-travailler-gratos-dans-une-auberge-de-jeunesse. Vous n'avez jamais remarqué ? Il y a toujours un connard plus cool que tout le monde, avec des jeans déchirés aux genoux et des leçons de vie qu'il distribue comme des flyers pour s'occuper des relations sociales au sein de l'auberge. Ce gars-là, c'est Steeve, il vient de New York, adore voyager, parler plus fort que tout le monde, mettre de la musique de merde et puis répéter sans arrêt que l'alcool est moins cher en Roumanie et que les filles sont trop bonnes.
Bref, le lendemain, Brice et Audrey nous quittaient déjà pour rentrer sur Cluj. De notre coté, on a refait nos sacs pour aller dans la seconde auberge de jeunesse, toujours à Bucarest. Sur place, grosse embrouille, on essaie encore de nous rouler dans la farine pour nous soutirer 10 balles de plus. N'en jetez plus, la coupe est pleine, nous décidons de passer la journée à Bucarest et de se casser le soir-même.
A nouveau sous le poids de nos sacs, on repart en vadrouille, en métro cette fois. Nous allons vers le parc central car c'est là que se trouve le Hard Rock Café, que Laura doit absolument rapporter un t-shirt à sa soeur jumelle et qu'on ne peut rien faire contre les traditions mystiques qu'ont les jumeaux. On se promène, on se perd, on casse la croute et on découpe du saucisson à la gouge car on a perdu le couteau, avant de finalement trouver "le" café. Là, bon contraste entre le communisme roumain et le capitalisme américain en retrouvant l'ambiance typique de tous les cafés de la chaine.
Après un petit café qui réchauffe l'âme, on est retournés vers le centre pour se promener dans le coeur historique, fort différent du reste de la ville. Toujours une architecture de dingue (gros mélange entre de l'architecture allemande, autrichienne, hongroise, française...). Bucarest est également appelée le petit Paris, avec son arc de triomphe, ses mini Champs Elysées et pour l'ambiance de certaines rues qui n'est pas sans rappeler l'hausmanisation du vrai Paris.
Vers 19h, on a pris le train en direction de Brasov (se prononce Brashov). A la sortie de la gare, des petits manouche font la manche avec une toute autre tactique que les clochards de Liège. Ils vous harcèlent, ramassent des mégots de cigarette au sol pour essayer de les fumer et tambourinent à la fenêtre du taxi pour que vous cédiez. L'accueil est chaleureux. Pour l'auberge, ce coup-ci, c'était nettement moins cosy-cocoon, le personnel était sympa comme une porte de prison et les céréales au déjeuner étaient rances. Mais vu qu'on avait vraiment l'auberge la moins chère de la ville, on s'en foutait complètement. You only get what you pay for. Toutes les villes roumaines que j'ai vu jusqu'à présent suivent la même logique : des abords plutôt moches avec de gros buildings où tout le monde vit dans des appartements, les rues menant au centre ont des petites maisons pas trop vilaines et le centre est toujours super beau, avec de vieilles maisons à l'architecture très travaillée et parfois un peu délaissées.
Brasov est une petite ville charmante, l'ambiance est beaucoup plus sympa. Ca change d'une capitale, ça va de soi. C'est le genre de ville où je verrais bien mes parents aller en vacances. C'est près des montagnes, les paysages sont très beaux, le tourisme est relativement développé et les restos sont bons en plus d'être peu chers.
On a fait du stop de Brasov à Bran, une ville à 45km de là où se trouve le fameux château de Dracula, car nous sommes en Transylvanie, ne l'oublions pas. Une fois sur place, on fait le tour du petit marché attrape-touristes. Il y a de splendides tasses Dracula, des t-shirts hideux, des petites blouses traditionnelles cousues à la main et toutes sortes de conneries qu'un gamin de 10 ans tuerait pour les avoir. Au moment de vouloir entrer dans le château, on s'est fait recalés comme des bleus car les guichets ferment à 16h et qu'il était 16h10. Comprenez à quel point nous étions dépités d'avoir réservé la journée juste pour ça et d'avoir fait le chemin pour rien. On a marché sans but autour du château avant de décider qu'on escaladerait bien un petit rocher histoire de filer en douce dans l'enceinte de la casa Dracula. Le vent était tellement violent qu'on a bien cru crever sur place mais quelques minutes plus tard, on marchait incognito dans une foulée de Jean-Charles et Christine achetant un petit crayon taillé et un parka pour leur rejeton. Le château ne casse pas trois pattes à un canard, il n'y a rien d'intéressant à voir, pas même une ou l'autre allusion rigolote à Dracula, juste un vieux lit et une couronne défraîchie en compagnie de son sceptre. C'est un petit château tout mignon, rien de plus. On est ressortis par la petite porte de derrière, dévalant en courant des pentes dans les bois alors que les derniers touristes regagnaient les grands portiques de l'entrée.
Samedi, on est partis en fin de matinée de Brasov pour regagner Cluj, en faisant de l'auto-stop cette fois. Par chance, on a quasi toujours été tous les quatre ensembles dans le même véhicule pendant tout le trajet. On a rencontré des gens super sympas avec qui on a parlé pendant que la voiture avalait les kilomètres sur des routes à une bande. En effet, la Roumanie ne compte que deux ou trois autoroutes, tout le reste est comparable à de bêtes nationales belges à une bande comme on en voit partout dans les Ardennes. C'est super sympa de passer 80km derrière un camion qui ne dépasse pas les 70km/h. On a fait un petit détour par Sibiu, une autre ville très charmante où les maisons vous regardent de manière suspicieuse...
Mais on s'est juste arrêtés pour aller manger un petit bout, j'y retournerai pour mieux visiter, promis ! On est arrivés en soirée à Cluj, super content de retrouver tout le petit monde du dortoir et de partager un bowling pour leur raconter notre périple.
Je tiens à préciser qu'en dépit du fait que mon récit sur ce périple paraisse très grincheux et bougon, j'ai passé quatre jours exceptionnels où on s'est super bien marrés avec les autres et où on a vu un grand nombre de choses très intéressantes. Bucarest n'est pas une ville très charmante et agréable, mais je suis très content d'avoir eu l'opportunité de la voir au moins une fois dans ma vie. Brasov et Bran étaient beaucoup plus drôles, surtout qu'il a fait là un temps aussi doux que les agneaux.
Cette semaine, je mets les bouchées doubles à l'école. Lundi matin, j'ai développé pour la première fois mes photos à l'ancienne et ce n'est pas une sinecure. Ca tue le dos, ca prend un temps de malade et le résultat n'est pas souvent satisfaisant. Prenons une minute pour remercier la technologie qui simplifie vraiment la vie. Prenons une autre minute pour quand même considérer le charme de la photo analogique. En textile, j'ai réussi à boucler mon premier batik en travaillant deux après-midi complètes sur la mise en couleur. Il faut dire que quand l'école ferme à 20h, ça nous laisse le temps de bien bosser (même si c'est pas cool de crever de faim parce qu'on a oublié de prendre des biscuits dans son sac, c'est ça la vie).
La première étape est donc de créer en infographie ce qui sera sur le tissus, on le dessine ensuite à l'aide d'un projecteur avant de mouiller le drap et de le fixer sur un cadre. Une fois sec, on peut commencer à repasser tous les traits à la cire à l'aide d'une pipe. Il ne reste plus qu'à mettre en couleur à l'acrylique et voilà !
Pour ceux qui veulent encore plus de photos, je vous propose de visiter le blog roumain de Laura http://eastern-trip.tumblr.com ou encore son blog photo http://aubreelaura.tumblr.com. Inutile de dire que ça vaut le détour ;)
Les jours qui viennent s'annoncent une fois de plus prometteurs, je vous tiens au courant !
Le plus impressionnant de tous les bâtiments est "La Maison du Peuple". Construit par Ceausescu, ancien dirigeant communiste roumain (un sacré petit bâtard), avec l'argent de ce peuple qui crevait de faim. On peut dire qu'il s'est fait plaisir avec quelques 350 000 m² de surface habitable. Aujourd'hui, la maison du peuple (Casa Poporului) a été renommée maison du parlement car elle abrite le sénat, la chambre des députes et accessoirement le musée d'art contemporain. Après s'être coltinés tout le périmètre afin de trouver l'entrée du musée, nous avons jouit d'un spectacle inouï. Je mens, c'était un musée minable. Bénéficiant d'un cadre exceptionnel, il ne présente pourtant que très peu d'oeuvres intéressantes. Sans parler que tout est en français, les pauvres roumains qui veulent se cultiver l'ont dans l'os ! Mais restons positifs, le panorama depuis la cafétaria sur le toit est vraiment top :)
| Antoine et Juliette |
| La maison du peuple |
| Les pieds trempés <3 |
| Le musée |
Nous avons continués la journée en nous promenant sur les grands axes, toujours abasourdis par l'énormité de tout ce qui nous entourait. Le soir, exténués, on est rentrés au chaud de l'auberge pour manger tous ensemble et passer une soirée tranquille dans "le lounge" avec les autres touristes sur place. Deux allemands, trois français et ceux qui ne sont jamais sortis de leur chambre. Je me retiens de vous écrire une litanie sur la manière dont un des français m'exaspérait. En revanche, je ne vais pas m'abstenir d'en écrire une sur ce-gars-qui-vient-de-l'étranger-pour-travailler-gratos-dans-une-auberge-de-jeunesse. Vous n'avez jamais remarqué ? Il y a toujours un connard plus cool que tout le monde, avec des jeans déchirés aux genoux et des leçons de vie qu'il distribue comme des flyers pour s'occuper des relations sociales au sein de l'auberge. Ce gars-là, c'est Steeve, il vient de New York, adore voyager, parler plus fort que tout le monde, mettre de la musique de merde et puis répéter sans arrêt que l'alcool est moins cher en Roumanie et que les filles sont trop bonnes.
| "The lounge is here ?" |
| "Je ne sais paaaas" François l'Embrouille |
Bref, le lendemain, Brice et Audrey nous quittaient déjà pour rentrer sur Cluj. De notre coté, on a refait nos sacs pour aller dans la seconde auberge de jeunesse, toujours à Bucarest. Sur place, grosse embrouille, on essaie encore de nous rouler dans la farine pour nous soutirer 10 balles de plus. N'en jetez plus, la coupe est pleine, nous décidons de passer la journée à Bucarest et de se casser le soir-même.
A nouveau sous le poids de nos sacs, on repart en vadrouille, en métro cette fois. Nous allons vers le parc central car c'est là que se trouve le Hard Rock Café, que Laura doit absolument rapporter un t-shirt à sa soeur jumelle et qu'on ne peut rien faire contre les traditions mystiques qu'ont les jumeaux. On se promène, on se perd, on casse la croute et on découpe du saucisson à la gouge car on a perdu le couteau, avant de finalement trouver "le" café. Là, bon contraste entre le communisme roumain et le capitalisme américain en retrouvant l'ambiance typique de tous les cafés de la chaine.
| Je pense qu'ils ont grillé que je prenais une photo, mais je ne suis pas sûr. |
| L'Arc de Triomphe |
| Les cariatides à la roumaine |
Vers 19h, on a pris le train en direction de Brasov (se prononce Brashov). A la sortie de la gare, des petits manouche font la manche avec une toute autre tactique que les clochards de Liège. Ils vous harcèlent, ramassent des mégots de cigarette au sol pour essayer de les fumer et tambourinent à la fenêtre du taxi pour que vous cédiez. L'accueil est chaleureux. Pour l'auberge, ce coup-ci, c'était nettement moins cosy-cocoon, le personnel était sympa comme une porte de prison et les céréales au déjeuner étaient rances. Mais vu qu'on avait vraiment l'auberge la moins chère de la ville, on s'en foutait complètement. You only get what you pay for. Toutes les villes roumaines que j'ai vu jusqu'à présent suivent la même logique : des abords plutôt moches avec de gros buildings où tout le monde vit dans des appartements, les rues menant au centre ont des petites maisons pas trop vilaines et le centre est toujours super beau, avec de vieilles maisons à l'architecture très travaillée et parfois un peu délaissées.
Brasov est une petite ville charmante, l'ambiance est beaucoup plus sympa. Ca change d'une capitale, ça va de soi. C'est le genre de ville où je verrais bien mes parents aller en vacances. C'est près des montagnes, les paysages sont très beaux, le tourisme est relativement développé et les restos sont bons en plus d'être peu chers.
| J'ai autant d'informations que vous sur "Pourquoi ce gosse tient-il une motherfucking mitraillette ? |
On a fait du stop de Brasov à Bran, une ville à 45km de là où se trouve le fameux château de Dracula, car nous sommes en Transylvanie, ne l'oublions pas. Une fois sur place, on fait le tour du petit marché attrape-touristes. Il y a de splendides tasses Dracula, des t-shirts hideux, des petites blouses traditionnelles cousues à la main et toutes sortes de conneries qu'un gamin de 10 ans tuerait pour les avoir. Au moment de vouloir entrer dans le château, on s'est fait recalés comme des bleus car les guichets ferment à 16h et qu'il était 16h10. Comprenez à quel point nous étions dépités d'avoir réservé la journée juste pour ça et d'avoir fait le chemin pour rien. On a marché sans but autour du château avant de décider qu'on escaladerait bien un petit rocher histoire de filer en douce dans l'enceinte de la casa Dracula. Le vent était tellement violent qu'on a bien cru crever sur place mais quelques minutes plus tard, on marchait incognito dans une foulée de Jean-Charles et Christine achetant un petit crayon taillé et un parka pour leur rejeton. Le château ne casse pas trois pattes à un canard, il n'y a rien d'intéressant à voir, pas même une ou l'autre allusion rigolote à Dracula, juste un vieux lit et une couronne défraîchie en compagnie de son sceptre. C'est un petit château tout mignon, rien de plus. On est ressortis par la petite porte de derrière, dévalant en courant des pentes dans les bois alors que les derniers touristes regagnaient les grands portiques de l'entrée.
| Rasnov, entre Brasov et Bran |
| Bran |
| A bout de souffle, mais dans le château ! |
| Juliette AKA la klepto de cailloux |
Samedi, on est partis en fin de matinée de Brasov pour regagner Cluj, en faisant de l'auto-stop cette fois. Par chance, on a quasi toujours été tous les quatre ensembles dans le même véhicule pendant tout le trajet. On a rencontré des gens super sympas avec qui on a parlé pendant que la voiture avalait les kilomètres sur des routes à une bande. En effet, la Roumanie ne compte que deux ou trois autoroutes, tout le reste est comparable à de bêtes nationales belges à une bande comme on en voit partout dans les Ardennes. C'est super sympa de passer 80km derrière un camion qui ne dépasse pas les 70km/h. On a fait un petit détour par Sibiu, une autre ville très charmante où les maisons vous regardent de manière suspicieuse...
Mais on s'est juste arrêtés pour aller manger un petit bout, j'y retournerai pour mieux visiter, promis ! On est arrivés en soirée à Cluj, super content de retrouver tout le petit monde du dortoir et de partager un bowling pour leur raconter notre périple.
Je tiens à préciser qu'en dépit du fait que mon récit sur ce périple paraisse très grincheux et bougon, j'ai passé quatre jours exceptionnels où on s'est super bien marrés avec les autres et où on a vu un grand nombre de choses très intéressantes. Bucarest n'est pas une ville très charmante et agréable, mais je suis très content d'avoir eu l'opportunité de la voir au moins une fois dans ma vie. Brasov et Bran étaient beaucoup plus drôles, surtout qu'il a fait là un temps aussi doux que les agneaux.
Cette semaine, je mets les bouchées doubles à l'école. Lundi matin, j'ai développé pour la première fois mes photos à l'ancienne et ce n'est pas une sinecure. Ca tue le dos, ca prend un temps de malade et le résultat n'est pas souvent satisfaisant. Prenons une minute pour remercier la technologie qui simplifie vraiment la vie. Prenons une autre minute pour quand même considérer le charme de la photo analogique. En textile, j'ai réussi à boucler mon premier batik en travaillant deux après-midi complètes sur la mise en couleur. Il faut dire que quand l'école ferme à 20h, ça nous laisse le temps de bien bosser (même si c'est pas cool de crever de faim parce qu'on a oublié de prendre des biscuits dans son sac, c'est ça la vie).
La première étape est donc de créer en infographie ce qui sera sur le tissus, on le dessine ensuite à l'aide d'un projecteur avant de mouiller le drap et de le fixer sur un cadre. Une fois sec, on peut commencer à repasser tous les traits à la cire à l'aide d'une pipe. Il ne reste plus qu'à mettre en couleur à l'acrylique et voilà !
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| Et comme un gros bollosse, j'ai réussi à faire une énorme tâche sur ma joue. |
Les jours qui viennent s'annoncent une fois de plus prometteurs, je vous tiens au courant !
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