Aujourd'hui, je n'ai pas envie de faire de belles phrases.
Ce matin, je suis allé avec Maria pour visiter le département Design de l'école. Ca ressemble fort à la section "design industriel" de Saint Luc, rien qui ne me tente. Après, j'ai visité seul le département de graphisme. Pas la moindre personne pour parler anglais ou me donner un renseignement, j'ai demandé à une étudiante qui passait par là et pour résumer ses études elle m'a dit : "En première, on ne fait que dessiner" (ils sont excessivement portés sur la technique, dans tous les départements) et ici en deuxième, les profs viennent, nous donnent un thème et soit on dessine, soit on fait une affiche dessus, en travaillant chez nous. La visite fut bouclé en sept minutes top chrono.
J'ai zoné dans la cuisine histoire de voir du peuple et en fin d'après-midi, je me suis pausé au soleil sur les bords du lac entre le centre commercial et la résidence. Un peu de musique, beaucoup de soleil, quelques crayons et un carnet pour essayer de me mettre à niveau avec les dessinateurs qui m'entourent au quotidien.
En soirée, j'ai rejoint Juliette, Laura, Rémi et Artur (un polonais très sympa) pour une séance de yoga. Je n'en avais jamais fait et je me suis dit que c'était une opportunité comme une autre d'essayer. Mon impression est très positive, beaucoup d'étirement, ça travaille super bien les muscles, ça relaxe et en plus après le cours, il y a avait une dégustation végétarienne. On a gouté plein de légumes, de germes, de graines, de fruits, de tofu et tout et tout, c'était intéressant.
Ce soir, il y avait (et il y a toujours au moment où j'écris) une soirée Erasmus organisée par ESN Cluj (l'organisme Erasmus de Cluj, vous l'aurez compris). On y est allés, mais je n'étais vraiment pas d'humeur à faire la fête alors je suis revenu tout seul et là je me fais des pâtes pour oublier mon désarroi.
A défaut de mieux, j'envisage de prendre un cours de graphisme, un cours de photo et un cours de textile. Ce n'est qu'une idée pour le moment, je verrai ce qu'il en sera d'ici une semaine.
La vacuité de mon existence me donne des hauts-le-coeur, ça devrait passer d'ici demain, j'ai déjà vu pire.
Ca y est, ca y est, oubliez votre frustration d'hier quand vous vous êtes retrouvés face à deux maigres photos alors que votre désir insatiable de lecture venait de s'en prendre plein les dents. Je tiens à vous annoncer que cet article est rédigé en non-partenariat avec la connection internet de ces dortoirs qui est aussi capricieuse que Catherine Deneuve lorsqu'elle tombe à court de crème hydratante. Je ne peux donc pas vous promettre de pouvoir uploader les photos qui auraient illustré ma pensée.
Premièrement, j'ai enfin capté l'organisation de cette école : il n'y en a pas et la devise semble être "Suce-le de ton pouce, tu verras, ça marche super bien". En d'autres termes, on n'a toujours pas reçu la moindre nouvelle de la part de l'école et on n'en aura pas de si tôt. C'est pourquoi il faut essayer de s'arranger avec les étudiants présents au premier quadri pour savoir ce qu'on doit faire et où on doit aller. L'Universitatea de Arta si Design, à l'inverse de l'ESA Saint Luc, ne se dresse pas sur le même site. Chaque département a son bâtiment, dans un coin de Cluj. C'est pourquoi il faut éviter de prendre des cours dans des départements différents, sinon on se verrait en train de courir d'un bout à l'autre de la ville lors d'un intercours. Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs, qui a émis l'idée d'avoir plusieurs cours sur la même journée, c'est ridicule, pas ici voyons.
1. Le dortoir où on vit mais le premier étage sert de classes pour Restauration/Conservation d'oeuvres d'art
4. Casa Matei Corvin, c'est là que se donnent les cours théoriques
5. Design
6. Peinture
Il y a aussi le département photo, mais je n'ai encore aucune idée d'où il se trouve et il n'est pas impensable qu'il y ait encore d'autres départements dont je ne connais pas encore l'existence. Il est aussi bon de noter qu'en bus, ça prend une petite demi-heure d'aller du dortoir à la Piata Unirii (3).
Mardi matin, je me suis levé de bonne heure avec Laura, Juliette, Rémi et Cyprien afin d'aller visiter le département sculpture de l'école. Je ne sais pas encore si ça fonctionne de la même manière ailleurs mais ici, les élèves sont libres de se pointer quand ça leur chante, les bâtiments sont ouverts. Les profs sont là certains jours, entre 10h et midi, au cas où on aurait la lubie de vouloir leur parler. En effet, ils ne donnent pas cours, ils sont ici pour discuter et éventuellement critiquer le projet des élèves afin qu'ils puissent exprimer leur créativité en toute quiétude. Pour le reste, c'est trouve-toi un projet, tire ta merde pour le réaliser, mais sois un artiste libre. Ah oui, et les évaluations sont faites par le public visitant l'expo de fin d'année. CQFD
Tout le monde trouve ça brillant, excellent, que c'est ça qu'il leur faut pour exprimer leur univers d'artiste, bla bla bla, culbitecouille, j'en passe et des meilleures. C'est bien joli tout ça, mais personnellement, je fais des études artistiques mais je ne fais pas de l'art. La publicité utilise certes l'art pour faire joli, mais ce n'est pas de l'art. Bref, QUELQU'UN POURRAIT-IL ME DIRE CE QUE JE FOUS ICI ?! Voilà, à l'heure qu'il est, j'ai un peu la haine qu'on ne nous ait pas un peu mieux informés à la base sur ce que sont les études à Cluj, en tant qu'Erasmus, "parce que si j'aurais su, j'aurais pas venu".
Revenons-en à nos moutons. Des jolies sculptures dans le jardin, des tours à poterie pour la céramique, des fours, des ateliers pour souffler le verre, deux chiens qui se promènent dans l'école, quelques trucs bizarres qu'on sait pas vraiment c'est quoi. Il y a juste en textile et en fashion design (aka "mode") où ça ressemble à un cours avec un prof, des élèves et des travaux ma foi fort beaux. Je fais le blasé et la mauvaise langue, mais j'oublie quand même de dire que la majorité de ce qu'on voit est très bien fait et très beau.
Autre ambiance, Selin, Sibel et moi avons profité de l'après-midi pour faire des patisseries turques. Le nom est imprononçable mais le résultat est délectable. Ce sont des petites roses en pâte, imbibées de sirop avec une amande au centre. Vu la quantité que Cyprien s'est enfilé, on peut attester qu'il n'y a pas que nous qui les apprécions.
Le soir, Ralucka (orthographe non identifiée) et Alexandra nous ont donné un super cours de roumain dans la cuisine. On était tous autour de la table comme des gamins, elle a collé plein de feuilles au mur pour se faire un tableau et puis elle a fait cours pendant deux heures. Quant à nous, nous lui avons rendu la pareille en nous comportant comme de véritable élèves (chambard, fumer en cachette, faire des scraboudjas sur le cahier de celui à coté, etc...)
Aujourd'hui, mercredi, j'ai dû faire la grasse matinée pour récupérer de m'être levé à huit heures le jour avant. Le corps met tant de temps à se remettre dans un rythme normal après quasi trois mois de dépérissement. Notre vie tourne toujours autour de la bouffe, on passe beaucoup de temps à se faire à manger. De plus, ça permet de rencontrer une flopée de gens dans la cuisine.
La nouvelle du jour, c'est qu'on a installé une machine à laver dans la cuisine du deuxième étage. Allez savoir pourquoi, c'est le prof de sport qui s'occupe de ça et vu qu'on était dans la cuisine quand ça s'est fait, il nous a proposé de venir la tester le soir même. En rentrant dare dare du sport, on est donc arrivés avec tout notre linge sale pour un tour de carousel gratos. La machine est une bête de compétition, un monstre comme on peut en trouver dans les lavoirs en Belgique. Son épouse nous a expliqué que ça ne fait pas si longtemps que les roumains utilisent des machines à laver et qu'il ne fallait donc pas s'étonner de ne pas trouver un lavoir dans le coin (pourtant Dieu sait ô combien j'ai cherché). Le seul hic de cette nouvelle acquisition, c'est que les jetons ne sont pas donnés.
A coté de ça, le prof de sport et son épouse sont des gens super sympas. On a parlé avec eux le temps que les machines tournent et j'en ai profité pour lui demander s'il n'avait pas une idée d'où je pourrais trouver quelqu'un qui me laisserait enfin prendre des cours de danse ici. Et là, semi-miracle, il a des connaissances au Lyceul de Coregrafie (l'école secondaire spécialisée en danse et théâtre qui a l'air vraiment top) et va essayer de s'arranger pour qu'on me laisse suivre au moins un cours par semaine. Prions mes enfants, il n'y a plus que ça à faire.
Remerciements à Internet qui a finalement accepté de collaborer sur la fin de l'article. Je vous laisse sur une musique qui donne envie d'être en vacances en été, sur la route, la fenêtre ouverte avec un bras qui dépasse et le vent qui vous embrasse les joues.
La journée fut longue et c'est pourquoi je ne vous donnerai qu'un avant-goût, en photos, du prochain récit. (Mais revenez, parce que ça vaudra vraiment la peine, vous aller comprendre c'est quoi la différence entre un artiste et un hippie). -Indice : il n'y en a quasi pas <3-
N'allez pas croire que cette musique me plaît, c'est juste un reminder perso sur le vin roumain.
Si vous voulez de la vraie musique à écouter en lisant cet article, voici.
Salut tout le monde,
Vu la conjoncture sociale que ma vie rencontre en ce moment, fait paradoxal compte tenu de ma situation, je n'ai pas des litres d'encre à faire couler sur les pages vierges de ce blog. Juste quelques updates sur ce que les limites de la bienséance m'autorisent à divulguer sur un site internet ouvert à tous et au public cible aussi large que les publicités pour RTL-TVI. (Bon okay, je vais transgresser les règles sociales et vous informer que pour quelques personnes ici, le dortoir est un baisodrome, ça peut être drôle, ça peut être lourd).
Aujourd'hui, je suis allé voir une pièce de théâtre s'appelant Paradise, à l'Académie de Musique. La metteuse en scène vient de l'île de la Réunion et la troupe a parcouru 14 000 kilomètres pour nous présenter ce spectacle. Ma foi, ils auraient pu se garder de dépenser tant d'énergie en restant chez eux, j'aurais épargné 1h30 d'incompréhension et d'ennui profond. Si on devait citer tous les clichés qui nous viennent à l'esprit quand on parle de théâtre, on aurait une description relativement exhaustive de ce que j'ai vu tantôt. Des bobos fringués n'importe comment (avec les loques qui trainent dans la malle à costumes dans les coulisses de la scène du Turlg), qui gesticulent un peu bizarrement ou qui se mettent en slip pour défrayer les esprits bien pensant et puis qui vous sortent des tirades dignes d'un neurasthénique en articulant trop leurs mots sur des thèmes tels que la mondialisation ou la disparition en mer d'une caissière de supermarché. N'oublions pas les décors "épurés et minimalistes", des guirlandes de sachets en plastique.
Après m'être fait violence afin de mettre un terme aux micro-siestes qui me faisaient tomber la tête dans un soubresaut socialement inacceptable, je me suis remis en question. Est-ce moi qui suis trop con, incapable de capter les subtilités qu'offraient la pièce ou est-ce que je n'arrivais pas à passer au-delà du fait que c'était des bobos avec un accent français trop prononcé à mon goût, m'empêchant de rigoler comme le reste de la foule dès qu'on disait cul, bite, couille.
Sans transition, Laura, Juliette, Marie et Cyprien sont rentrés de leur super trip en auto-stop jusque Sarajevo. Ils n'ont pas encore eu le loisir de nous conter leur aventure mais ça avait l'air exceptionnel et ils sont épuisés. Mais là, ils sont repartis faire la fête dans le centre de Cluj, je sais pas comment ils font pour tenir, il faudrait envoyer quelqu'un du centre anti-dopage pour un check-up.
Dans les mauvaises nouvelles, je vous annonce le coeur lourd que je pense qu'il n'y a pas de chocolat digne de ce nom dans ce bled paumé. Après avoir sillonné maints et maints hypermarchés, le "meilleur" qu'on puisse trouver n'est qu'un Milka -trop gras- ou du Toblerone -ils le font avec du Nesquick ou quoi ce chocolat-. Pas le moindre carré de Galler ou, à la limite, de Côte d'Or pour redonner à la peau de mon front le relief qu'il avait encore il y a un mois.
Tant que j'en suis à me plaindre sur des trucs qui ne servent à rien, je vous confie mon désir profond de brûler la planche de bois qui me sert de matelas. Chaque ressort prend un vilain plaisir à pousser au mauvais endroit entre chaque vertèbre et mon dos jouit du même confort qu'en camp scout sur un matelas auto-gonflant.
Licorne perdue, si vous la trouvez, vous devriez arrêter de consommer des drogues. Affiche trouvée dans la rue - Devanture de la chambre de Laura et Juliette
Ranoucka a crocheté à Marie un bonnet perroquet
La vie dans la cuisine : Charlie (ils vient de Montpellier mais il fait Illustration à St Luc), Zofka la polonaise, Brice (Français qui fait photo à St Luc), Selin et Sibel (mais elles je ne les présente plus).
Et ça, ça n'a rien à voir mais c'est juste pour le plaisir.
(Découvrez la version acapella, c'est juste exquis et c'est ici)
Salut tout le monde,
Ca fait un petit temps, je sais. Mais en même temps, il faut bien dire qu'une certaine routine s'installe déjà ici, fait regrettable et appréciable à la fois.
Lundi, Cyprien, Marie, Juliette et Laura sont partis pour un trip en auto-stop jusque Sarajevo en Bosnie-Herzégovine. La vie dans ce dortoir me fait penser à la chanson San Francisco de Maxime Le Forestier. Une maison où toutes les portes restent ouvertes, les habitants partagent leurs repas, l'un ou l'autre joue de la guitare et on a toujours une connaissance partie en vadrouille quelque part. La vie d'hippie quoi (et cette fois-ci, je le dis sans médisance).
Du coup, j'ai la chambre à moi tout seul pour la semaine et entre nous, c'est un kiff total. Sans transition, il y a eu quelques nouveaux arrivants. Un londonien, des français (pour changer), une grecque, une polonaise, et encore l'un ou l'autre qui m'échappent. Tout le monde a l'air vraiment sympathique, je ne suis ici que depuis peu et je me sens chez moi. Je partagerais volontiers une soirée en compagnie de ma famille mais ce manque est encore surmontable pour le moment.
Mardi, c'était l'anniversaire de Maria. Pour ceux qui se souviennent, c'est la demoiselle qui m'avait aidé quand on a débarqué le premier jour et qu'il n'y avait pas de chambre pour moi. Depuis, j'y passe de temps en temps pour dire bonjour ou quand j'ai besoin d'avoir un renseignement un peu plus précis sur Cluj. Elle nous a invité Selin et moi à passer dans sa chambre pour boire un pot avec en compagnie de ses amis, invitation que nous avons bien entendu acceptée. C'était d'abord un peu bizarre étant donné que nous étions les seuls Erasmus parmi un groupe exclusivement roumain mais on s'est très vite sentis à l'aise. Certains ont fait leur Erasmus à Liège ou en France et par la force des choses, parlent français, sinon la quasi totalité parle anglais. La table était couverte de victuailles faites-maison, le vin était (étonnement) très bon et on a même eu l'honneur de goûter la Țuică (à prononcer Tzuica). C'est une eau de vie de prunes, le genre d'alcool dégueulasse efficace pour détartrer vos wc ou pour vous donner des vapeurs si vous avez froid au beau milieu de l'hiver. Mais je suis mauvaise langue, certaines personnes ont le don d'apprécier ce produit à sa juste valeur pour la subtilité de ses arômes (mais une écrasante majorité apprécie juste sa capacité à vous torcher la gueule, pour le dire platement). J'ai insisté pour recouvrir le gâteau de bougies car à mes yeux, la magie d'un anniversaire, c'est de sentir la chaleur des petites flammes pendant que vous pensez à un voeu avant de les éteindre d'un souffle.
J'allais oublier de vous le dire, mais un de leur ami est le portrait craché de Bruno Taloche. Je leur ai montré sa photo, ils ont tous ri tellement c'était criant de vérité et quand le gars en question l'a vue, il a demandé "Qui a fait ce montage ?!". Je vais tenter de l'avoir en photo, mais le gaillard rechigne. Que vous dire d'autre, on s'occupe en allant à la salle de sport régulièrement. On se sent un peu riche quand on passe devant le bureau de l'accueil (sauf peut-être Brice qui débarque en training avec un sac réutilisable Auchan) et c'est toujours un plaisir d'aller au lit après le sport. En parlant de sport, je suis toujours en quête désespérée d'une école de danse. Une danseuse faisant partie de la troupe de ballet du Théâtre National de Cluj et qui tient une école à coté de celà m'a dit qu'à Cluj, il n'y avait pas de cours de ballet pour garçon, sauf au Liceul de Coregrafie si Arta Dramatica, qui est malheureusement une école secondaire et qu'ils ne m'accepteraient pas. Ma dernière chance, c'est que cette dame parle à une de ces collègues et que celle-ci se décide à ouvrir une classe et donner un cours pour garçon. Imaginez le bordel pour trouver quelqu'un qui veule bien me laisser faire une barre, j'hallucine. Ce soir, je suis allé à la projection de J'aime regarder les filles de Frédéric Louf. Ce cinéclub est une des nombreuses activités culturelles de l'Institut Français de Cluj. C'était vraiment super sympa, à la bonne franquette, avec une dizaine de chaises dans une petite pièce à coté d'un café avec pour seul matos un ordinateur, un projo et un écran.
Les cours ont repris lundi passé pour les étudiants roumains. Ils finissaient leurs examens quand nous sommes arrivés et ont eu leur semaine de vacance la semaine passée. Cependant, l'école ne donne pas priorité aux Erasmus et leur laisse encore du temps libre pour visiter le coin et s'habituer à la ville. Du coup, on attend un hypothétique mail de la part de la coordinatrice afin de savoir si on ira peut-être un jour à l'école pour avoir un mois pour essayer tous les cours avant d'établir un horaire et d'éventuellement entamer des projets. Je vous le dis net, je suis en vacances depuis mi-décembre, j'en ai plein le cul de ne rien glander, j'ai l'impression de perdre mon temps à du cent balles à l'heure et je me réjouis de commencer à bosser un peu sérieusement, bien que ça n'ait pas l'air d'être la spécialité du coin.
Big up à mes amis de 2e PUB qui sont en voyage de classe à Amsterdam pour quelques jours. Aujourd'hui, ils ont visité la ville à vélo sous un joli soleil, on pense à vous depuis Cluj :)
Ici tout le monde écoute de l'électro alternative et moi, ben, j'écoute du Katy Perry et de la musique classique.
Goeiemorgen,
Aujourd'hui, c'était samedi et qui dit samedi, dit jour des puces. Marché aux puces bien entendu, merci aux Français pour toutes ces belles expressions. Je me suis levé de bonne heure (9h20, vous n'imaginez pas l'effort surhumain que j'ai du fournir pour réaliser cet acte aux allures si bénignes) avec Brice et Cyprien avant de marcher jusqu'à cet endroit encore inconnu pour moi. Ce lieu est un peu comparable à Manneken Pis, plus on s'approche, on voit voit des gens/des boutiques vendant des tire-bouchons en forme de bonhomme qui pisse avant d'arriver à destination, au détour d'une rue, alors qu'on ne s'y attend pas.
A l'odeur, j'ai d'abord pensé que j'étais à une fête de village aux alentours d'Aywaille. Une baraque qui vend des pains-saucisses, un petite odeur de terre un brin boueuse et puis le doux fumet de vieux fauteuils abandonnés car personne ne voulait les acheter. Le site où tout se passe est immense. Un terrain vague rempli à l'arrache de brocanteurs en tous genres formant des semblants d'allées. On y trouve une vieille dame qui vend quelques carottes et oignons cultivés dans son jardin, mais aussi le gars qui revend tout un stock de produits d'entretien, des casseroles, des vélos, des vêtements à la pelle, et tout ce qu'on peut rêver trouver sur une brocante. La seule différence avec la brocante de Saint Pholien est peut-être le stand de cd's de musique roumaine, où l'on y passe la même chanson de pop en boucle ; on n'y comprend rien, c'est moche mais c'est entrainant et ça reste dans la tête pendant des heures. Je m'excuse d'avoir été trop pourri que pour emporter mon appareil photo et vous ramener de quoi vous mettre quelque chose sous la dent, mais j'y retournerai, c'est promis. En plus aujourd'hui, il faisait un soleil radieux et pour la première fois depuis qu'on est arrivés, le ciel était bleu et jonché de petits nuages cotonneux, exactement comme je les aime.
J'ai enfin trouvé la montre que je cherchais depuis des années sans succès. Une pièce avec une âme, simple, élégante et que je puisse mettre en toutes circonstances. J'ai aussi trouvé trois cassettes de jeux Game Boy Color, dès que je retourne sur Liège et que je récupère mon Game Boy, ça va chier.
J'ai aussi le plaisir de vous faire découvrir le blog de Brice, absolument à sauver dans vos marque-pages pour y retourner de temps en temps pour voir ce qu'il poste car ses photos sont vraiment magnifiques. Je n'arrive pas à prendre les gens en photo quand je vais quelque part et lui en revanche le fait avec brio. Trêve de paroles, place aux photos : http://bricemo.tumblr.com
(Le plaisir d'écoute est proportionnel au volume de vos hauts-parleurs)
Tout vient à temps à qui sait attendre, c'est pourquoi vous êtes agréablement gratifiés aujourd'hui d'une salve de photos. En effet, je sais qu'en tant que gros glandeurs, vous préférez scroller devant des photos plutôt que de lire des lignes de texte.
Mais avant de jouir pleinement de ces images inouïes, permettez-moi de dresser le décor afin de vous donner une meilleure idée de l'état d'esprit dans lequel nous étions. Depuis qu'on est arrivés, beaucoup d'Erasmus nous ont parlé d'un ancien cinéma communiste laissé à l'abandon, à deux pas de la gare de Cluj. Il faut s'y aventurer en petites bandes afin de ne pas attirer l'attention des voisins et de préférence en journée car il faut plusieurs heures pour visiter l'entièreté du site sans se faire surprendre par la pénombre. Sibel, Selin, Brice et moi, cartes SD vidées, batteries d'appareils photos chargées à fond, sacs réutilisables Auchan taille maxi pliés en quatre dans le sac à dos afin de ramener un max de souvenirs, un coup de téléphone pour avoir un taxi devant la résidence et c'est parti.
La première vue est déconcertante, j'avoue, je m'attendais à un ancien cinéma façon Inglorious Basterds mais le minutes qui ont suivi cette première impression m'ont convaincu que c'était bien mieux. Deux trois blocs en béton avec portes et fenêtres, toute la végétation autour des bâtiments est recouverte de films comme on recouvre une maison avec des rouleaux de papier toilette. Devant le premier bloc, un énorme tas de films, c'est invraisemblable. On s'empresse de pénétrer les lieux pour encore plus de surprises, je vous laisse imagine notre réaction grâce aux photos.
Moment fort de la visite : une échelle à l'arrière du cinéma donne accès au toit. De là, une ouverture sans fenêtres depuis longtemps permet de se lancer dans une des pièces. Je vous rassure, on ne se jette pas la gueule sur le béton, deux mètres de films débobinés sont là pour amortir nos acrobaties. Le premier saut est psychologiquement insurmontable, je n'ose même pas imaginer ce que doit ressentir le gars sur le point de sauter à l'élastique ou en parachute. Pendant une fraction de seconde, j'ai fait le vide avant de lacher prise et d'atterrir le souffle coupé sur ce matelas peu commun. On a tous sauté encore et encore, avides de sensations fortes.
Sibel
Selin
Contrairement à nous qui nous nous laissions tomber comme des étrons, Sibel est ancien espoir olympique en gymnastique artistique et nous a tapé des saltos de malade.
Brice
LES POWER RANGERS ! JCROIS QUE VOUS RÉALISEZ PAS LES GARS, LES POWER RANGERS QUOI (J'ai découpé ce morceau de film, il est dans ma poche là)
J'ai ramené des bobines de films des Chroniques de Narnia, de Jurassic Park 2 et la boite d'Austin Power. Chacune pesant dix kilos, si j'alternais le sac d'épaule toutes les trois minutes quatorze et que la distance entre le cinéma et le taxi le plus proche était de 1,7km ; calculez dans combien d'années j'aurai ma première scoliose. Peu m'importe, c'était un moment unique en son genre, le type d'aventures pour lesquelles vous avez encore les yeux qui brillent alors que vous venez de rentrer.
Aujourd'hui ne sera qu'un appetizer pour vous donner envie de revenir demain.
Tout d'abord, sachez que Brice, Sibel et moi (+ les pantouflards du dimanche occasionnellement en training pour faire du sport, c'est à dire Cyprien, Selin et Laura qui nous ont lâchement lachés lorsqu'il fut temps d'aller au combat) sommes décider à muter en Apollon des bacs à sable. Plus simplement, on a décidé d'aller dans une salle de sport et de faire du sport ensemble afin de ne pas devenir/ne plus être de vieilles masses informes constituées d'os et de gras tout en gardant notre super régime alimentaire. Croyez-le ou non, j'ai déjà perdu depuis que je suis arrivé ici. Maitre de mes menus, j'achète sain, je mange presque sain et les journées passent tellement vite que grignoter des gougouilles (j'ai écrit cette phrase juste pour placer le mot gougouille hahaha) ne nous traverse pas l'esprit.
Bref, on se l'est joués gosses de riches et on est désormais abonnés pour le mois au centre fitness de l'Hôtel cinq étoiles City Plaza de Cluj. Une salle de gym avec coach à disposition, un sauna, une bain à bulles et puis surtout, une piscine avec vue sur toute la ville puisque tout le complexe se trouve au dernier étage de l'immeuble. Tout le monde sait que c'est beaucoup plus pratique de construire la piscine au dernier étage, c'est élémentaire. Trèves de mots car mes courbatures aux bras sont tellement vilaines que j'ai du mal à taper ces quelques lignes.
L'avantage majeur de cet endroit est qu'il est principalement fréquenté par les clients de l'hôtel. Comprenez des gens d'un certain âge venant pour squatter le bain à bulles et matter les demoiselles callipyges de l'accueil. Du coup, on se sent plus à l'aise qu'en allant à Health City aux Guillemins où tous les barakis vont se pavaner en levant des altères, lâchant de temps à autres des râles virils pour tenter d'amadouer les quelques midinettes qui viennent uniquement pour les tapis de courses.
Aujourd'hui, Brice, Sibel, Selin et moi sommes allés dans un endroit hors du commun (oui, encore une fois). C'était magique, j'en ai encore des étoiles plein les yeux tellement c'était impensable qu'un tel endroit existe. Je n'en dis pas plus et vous laisse en haleine avec une petite photo de rien du tout.
Mais pour vous faire patienter jusque là, car je le sais, le suspense est aussi intenable pour vous que pour moi, je vous propose quelques activités histoire de vous changer les idées.
Découvrez un blog consacré à des images de femmes mangeant de la salade en rigolant, c'est incroyable mais c'est ici. Et sinon, la vidéo culturelle de la semaine est sponsorisée par Arte, car la culture, c'est important.
Aloe Blacc - I Need A Dollar
(En boucle, tous les jours, depuis quatre mois)
Hi guys !
Dimanche soir avait lieu une soirée d'adieu pour les étudiants Erasmus du premier quadri, pour l'occasion, nous étions tous conviés à une soirée un peu plus chic qu'à l'habitude dans un club du centre l'After Eight. Les filles ont passé la journée entière à se faire des masques au miel, se maquiller, se coiffer, on se serait cru dans les coulisses de la New York Fashion Week dans la chambre de Selin et Sibel. Moi pour passer le temps, j'ai fait quelques photos des "produits finis" en leur tirant le portrait (cette expression est révulsante).
Sibel
Laura
Zofka
Sheitane
Selin
Bon après, qu'est-ce que vous voulez que j'essaie de rivaliser avec les canons qu'on vient de voir, surtout quand elles peuvent faire appel à tant d'artifices alors que moi tout ce que j'ai c'est... Photoshop hahaha
Disons que la soirée fut un soufflé sortant du four. Gonflé à bloc quand il est chaud, crevé quand il refroidit (cette métaphore est exquise, je m'en félicite). Dans les faits, la soirée était sympa pour une soirée "en boite", mais visiblement pas du tout au goût des autres occupants de la résidence qui se sont vite faits la malle dans un bar plus traditionnel. Atteint d'un mal de crane aussi soudain que douloureux, j'ai sauté dans le premier taxi qui passait dans le coin. Comme à l'habitude, je mets ma ceinture (coutume totalement inusitée dans ce pays, soit dit en passant) et le taximan me dit qu'il n'y a pas besoin. Quelques secondes plus tard, il me tend un catalogue de putes en m'assurant que leur prix est raisonnable et qu'elles sont délicieuses. Inutile de vous dire que j'étais heureux de passer le seuil de ma chambre ce soir-là.
Aujourd'hui, je me suis levé tôt avec Juliette, Laura, Rémi et un ami qui est venu lui rendre visite depuis Budapest. Nous sommes partis en stop jusqu'à la ville de Turda qui se situe à une trentaine de kilomètres de Cluj pour y visiter la mine de sel. Après 45 minutes dans le froid, un vieux couple dans une vieille Opel entretenue au poil près nous a pris. Ils ne parlaient pas un mot d'anglais ou de français mais ils écoutaient des classic rocks dans la voiture alors on chantonnait comme des gosses à l'arrière. Dès qu'on sort de la ville, on se croirait dans les Alpes, c'est magnifique. Cluj est dans une vallée (bien à l'abris du vent !) et du coup, on se retrouve vite sur des sommets, surtout qu'aujourd'hui il faisait particulièrement ensoleillé et lumineux, avec la neige c'était grandiose. Arrivés à Turda, on a marché dans les rues du village un peu apocalyptique jusqu'à la mine. Après la traversée d'un long couloir, on découvre une salle aux échos toute petite mais pourvue d'une acoustique hors du commun. Au détour d'une machine d'extraction, on a trouvé de petits escaliers en bois qui donnaient sur la grande pièce de la mine. La surprise à la vue de cette salle était telle, que tout ce que j'ai pu articuler fut un "Oh putain" bien liégeois. C'est titanesque et d'une classe sans nom, je ne pense pas pouvoir mettre les mots sur le ressenti qu'on peut avoir devant cette vue. Au sol, l'espace a été super bien aménagé en site de loisir avec une plaine de jeux, une grand roue (oui pourquoi se priver), un auditorium, un espace ping pong (ils ont l'air de kiffer le ping pong dans ce pays), un mini-golf et des billards (0,2 lei la minute, ça fait un truc du genre 5 centimes d'euro, si dérisoire). Mais aussi un petit balconnet qui donne sur UNE AUTRE SALLE ! Okay, celle-ci est moins énorme mais toute en hauteur, il y a un plan d'eau au fond sur lequel on peut naviguer en barque. Ni une, ni deux, nous voguions sur l'eau tel de petits vénitiens. Le moment était tellement mystique/solennel/magique qu'on s'est mis à écouter la Grande Sarabande de Haendel pour rajouter une ambiance sonore digne du lieu. Après trois quarts d'heure, on est finalement retournée sur le sel ferme et alors que nous rejoignions la sortie, un mineur nous accoste et nous dit de le suivre. On s'est exécutés en croyant qu'on allait assister à un truc exceptionnel, qu'il nous montrerait les strates qu'ils sont en train de creuser un truc du genre mais en fait, il voulait juste nous vendre un cristal de sel qu'ils mettaient de coté. Certes très beau, mais ma foi totalement inutile (je l'offrirais bien à ma nonna pour qu'elle le mette à coté des coraux emballés dans du cellophane sur le buffet du salon). De retour à la lumière du soleil (moment de renaissance total), on a regagné le centre pour rassasier nos bedons affamés.
Alors qu'on dégustait des plats absolument pas typiques d'ici, Rémi et son pote nous ont rejoint pour nous annoncer qu'ils partaient en trip pour quelques jours et qu'on pouvait les rejoindre. Muni d'en tout et pour tout un appareil photo, du gel antiseptique pour les mains qui traine dans mon sac depuis le Texas, une pince Ikea pour fermer le sachet de mes tartines à midi en Belgique et un biscuit Tartinettes Lu Petit Déjeuner, j'ai gentiment décliné. Les filles plus aventures et Into The Wild ont suivi le mouvement et ils sont partis à l'aveugle vers une ville à quelques 150 kilomètres d'ici pour découvrir et visiter. Je sais que je passe à coté de chouettes trucs mais je ne suis pas assez rock'n'roll que pour pouvoir partir totalement à l'improviste, équipé comme un manche.
Moi, à la place, je fais le con à la banque. Comme un couillon, j'ai fait le mauvais code secret de ma carte bancaire trois fois d'affilée au distributeur avant de la bloquer <3 Heureusement, j'ai eu la chance d'avoir un monsieur bilingue et très compréhensif qui m'a permis de trouver le numéro de mon banquier en moins de deux. J'aimerais que l'on prenne tous un instant pour remercier internet, les téléphones portables et le forfait Orange à 8€ qui permet de téléphoner sur les téléphones fixes dans toute l'Europe. Une heure plus tard, j'étais back in Cluj, endormi par le trajet, réveillé en me pétant la tête comme un laid en sortant de la camionette/autobus qui fait la navette entre les deux villes pour la modique somme de 7 lei (ce qui est encore moins cher qu'un taxi entre le centre et la résidence). J'ai erré sans savoir où j'étais, dans le froid mordant de l'hiver, déprimé par les murs craquelés de partout et la pollution des voitures avant de rentrer au chaud de ma chambre.
Ce soir, j'ai enfin transformé la pièce où je dormais en chambre cozy-cocoon. Il faut savoir que je suis quelqu'un de (trop) casanier et que je porte une importance démesurée à me créer un espace confortable, pratique, je dirais même rassurant. Car si j'aime partir à l'aventure loin de chez moi, c'est pour le plaisir d'y retourner et de l'apprécier d'autant plus. Et vas-y que je te mets de l'étagère en plastique démontable dans la salle de bain, du rideau de douche accroché à la wanagain avec des crochets-ventouses, que je bouge les meubles de place, etcetera, etcetera. Je posterai un jour des photos de cette piaule, mais vous avez eu votre dose pour aujourd'hui.
Still Loving You des Scorpions dans l'Opel
Turda
On voulait faire une route, puis on n'avait plus envie en fait. Embourbez-vous.
Salina de Turda
Le sel qui se cristallise partout sur les murs
La grande salle vue d'en haut
L'autre salle vue d'en haut
Le sel aux parois forme également des stalactites
Juliette
L'entrée de la deuxième salle, chaque bruit résonne avec une force incroyable
Les rumeurs désignent cet endroit pour la prochaine Batcave de Batman
Juliette et son obsession quasi kleptomane de ramasser des minerais de sel au fond de l'eau
Laura
Merci de venir prendre de mes nouvelles, ça me fait plaisir de voir le nombre de visites dans mes statistiques. Je ne vous oublie pas non plus, loin de là !