Ca y est, ca y est, oubliez votre frustration d'hier quand vous vous êtes retrouvés face à deux maigres photos alors que votre désir insatiable de lecture venait de s'en prendre plein les dents. Je tiens à vous annoncer que cet article est rédigé en non-partenariat avec la connection internet de ces dortoirs qui est aussi capricieuse que Catherine Deneuve lorsqu'elle tombe à court de crème hydratante. Je ne peux donc pas vous promettre de pouvoir uploader les photos qui auraient illustré ma pensée.
Premièrement, j'ai enfin capté l'organisation de cette école : il n'y en a pas et la devise semble être "Suce-le de ton pouce, tu verras, ça marche super bien". En d'autres termes, on n'a toujours pas reçu la moindre nouvelle de la part de l'école et on n'en aura pas de si tôt. C'est pourquoi il faut essayer de s'arranger avec les étudiants présents au premier quadri pour savoir ce qu'on doit faire et où on doit aller. L'Universitatea de Arta si Design, à l'inverse de l'ESA Saint Luc, ne se dresse pas sur le même site. Chaque département a son bâtiment, dans un coin de Cluj. C'est pourquoi il faut éviter de prendre des cours dans des départements différents, sinon on se verrait en train de courir d'un bout à l'autre de la ville lors d'un intercours. Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs, qui a émis l'idée d'avoir plusieurs cours sur la même journée, c'est ridicule, pas ici voyons.
1. Le dortoir où on vit mais le premier étage sert de classes pour Restauration/Conservation d'oeuvres d'art
2. Sculpture, céramique, bronze, verre, acier, textile, mode
3. Graphisme et l'administration
4. Casa Matei Corvin, c'est là que se donnent les cours théoriques
5. Design
6. Peinture
Il y a aussi le département photo, mais je n'ai encore aucune idée d'où il se trouve et il n'est pas impensable qu'il y ait encore d'autres départements dont je ne connais pas encore l'existence. Il est aussi bon de noter qu'en bus, ça prend une petite demi-heure d'aller du dortoir à la Piata Unirii (3).
Mardi matin, je me suis levé de bonne heure avec Laura, Juliette, Rémi et Cyprien afin d'aller visiter le département sculpture de l'école. Je ne sais pas encore si ça fonctionne de la même manière ailleurs mais ici, les élèves sont libres de se pointer quand ça leur chante, les bâtiments sont ouverts. Les profs sont là certains jours, entre 10h et midi, au cas où on aurait la lubie de vouloir leur parler. En effet, ils ne donnent pas cours, ils sont ici pour discuter et éventuellement critiquer le projet des élèves afin qu'ils puissent exprimer leur créativité en toute quiétude. Pour le reste, c'est trouve-toi un projet, tire ta merde pour le réaliser, mais sois un artiste libre. Ah oui, et les évaluations sont faites par le public visitant l'expo de fin d'année. CQFD
Tout le monde trouve ça brillant, excellent, que c'est ça qu'il leur faut pour exprimer leur univers d'artiste, bla bla bla, culbitecouille, j'en passe et des meilleures. C'est bien joli tout ça, mais personnellement, je fais des études artistiques mais je ne fais pas de l'art. La publicité utilise certes l'art pour faire joli, mais ce n'est pas de l'art. Bref, QUELQU'UN POURRAIT-IL ME DIRE CE QUE JE FOUS ICI ?! Voilà, à l'heure qu'il est, j'ai un peu la haine qu'on ne nous ait pas un peu mieux informés à la base sur ce que sont les études à Cluj, en tant qu'Erasmus, "parce que si j'aurais su, j'aurais pas venu".
Revenons-en à nos moutons. Des jolies sculptures dans le jardin, des tours à poterie pour la céramique, des fours, des ateliers pour souffler le verre, deux chiens qui se promènent dans l'école, quelques trucs bizarres qu'on sait pas vraiment c'est quoi. Il y a juste en textile et en fashion design (aka "mode") où ça ressemble à un cours avec un prof, des élèves et des travaux ma foi fort beaux. Je fais le blasé et la mauvaise langue, mais j'oublie quand même de dire que la majorité de ce qu'on voit est très bien fait et très beau.
Autre ambiance, Selin, Sibel et moi avons profité de l'après-midi pour faire des patisseries turques. Le nom est imprononçable mais le résultat est délectable. Ce sont des petites roses en pâte, imbibées de sirop avec une amande au centre. Vu la quantité que Cyprien s'est enfilé, on peut attester qu'il n'y a pas que nous qui les apprécions.
Le soir, Ralucka (orthographe non identifiée) et Alexandra nous ont donné un super cours de roumain dans la cuisine. On était tous autour de la table comme des gamins, elle a collé plein de feuilles au mur pour se faire un tableau et puis elle a fait cours pendant deux heures. Quant à nous, nous lui avons rendu la pareille en nous comportant comme de véritable élèves (chambard, fumer en cachette, faire des scraboudjas sur le cahier de celui à coté, etc...)
Aujourd'hui, mercredi, j'ai dû faire la grasse matinée pour récupérer de m'être levé à huit heures le jour avant. Le corps met tant de temps à se remettre dans un rythme normal après quasi trois mois de dépérissement. Notre vie tourne toujours autour de la bouffe, on passe beaucoup de temps à se faire à manger. De plus, ça permet de rencontrer une flopée de gens dans la cuisine.
La nouvelle du jour, c'est qu'on a installé une machine à laver dans la cuisine du deuxième étage. Allez savoir pourquoi, c'est le prof de sport qui s'occupe de ça et vu qu'on était dans la cuisine quand ça s'est fait, il nous a proposé de venir la tester le soir même. En rentrant dare dare du sport, on est donc arrivés avec tout notre linge sale pour un tour de carousel gratos. La machine est une bête de compétition, un monstre comme on peut en trouver dans les lavoirs en Belgique. Son épouse nous a expliqué que ça ne fait pas si longtemps que les roumains utilisent des machines à laver et qu'il ne fallait donc pas s'étonner de ne pas trouver un lavoir dans le coin (pourtant Dieu sait ô combien j'ai cherché). Le seul hic de cette nouvelle acquisition, c'est que les jetons ne sont pas donnés.
A coté de ça, le prof de sport et son épouse sont des gens super sympas. On a parlé avec eux le temps que les machines tournent et j'en ai profité pour lui demander s'il n'avait pas une idée d'où je pourrais trouver quelqu'un qui me laisserait enfin prendre des cours de danse ici. Et là, semi-miracle, il a des connaissances au Lyceul de Coregrafie (l'école secondaire spécialisée en danse et théâtre qui a l'air vraiment top) et va essayer de s'arranger pour qu'on me laisse suivre au moins un cours par semaine. Prions mes enfants, il n'y a plus que ça à faire.
Remerciements à Internet qui a finalement accepté de collaborer sur la fin de l'article. Je vous laisse sur une musique qui donne envie d'être en vacances en été, sur la route, la fenêtre ouverte avec un bras qui dépasse et le vent qui vous embrasse les joues.
The Paper Kites - When our legs grew tall


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