lundi 4 février 2013

Hallo iedereen,

Si toutes les bonnes choses ont une fin, elles ont certainement un début. J'ai donc l'honneur de vous annoncer le commencement de ce voyage Erasmus.

Pour vous donner un contexte, je suis Raphaël, j'ai 20 ans, je suis originaire de Liège en Belgique et j'étudie la publicité à l'École Supérieure des Arts Saint Luc (on y apprend notamment comment diable on arrive à mettre ce satané accent aigu sur une lettre capitale grâce aux raccourcis claviers). A la fin de mes études secondaires, j'ai décidé de faire une seconde rhéto aux USA et j'ai fini par atterrir à Kountze. Une toute petite ville du sud-est du Texas, à 4h de route de Houston. Cette aventure a sans nul doute changé ma vie pour de multiples raisons, mais je me suis déjà assez étendu sur ce sujet sur le blog que je tenais à cette époque The Dandy Cowboy

Lorsque j'ai eu connaissance de la possibilité de partir en Erasmus en deuxième année, j'ai sauté sur l'occasion et en à peine quelques formulaires, le sort était jeté. Mon choix s'est porté sur la ville de Cluj-Napoca. Cluj se situe au nord-ouest de la Roumanie, c'est la plus grande ville après la capitale Bucharest et le chef-lieu de la Transylvanie. La ville est assez réputée pour ses universités de médecine, droit et un petit peu celle d'art quand même. C'est avant tout une ville universitaire et on a l'occasion d'y rencontrer moultes cultures, tout comme on y rencontre de la culture tout simplement. Le centre historique est assez célèbre pour son architecture askiparait.

Pour m'accompagner dans cette aventure, ma super potesse de classe, Selin (interdiction de prononcer mentalement celain, ça se dit Céline, mais c'est l'orthographe turque).

Mais venons-en à aujourd'hui. Je vous passe les déchirants adieux, car s'il y a bien une chose que je déteste dans les voyages, c'est d'être loin de ceux qu'on aime et je n'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie. On peut se préparer tant qu'on le veut, les séparations n'en sont pas moins difficile. Le trajet d'aujourd'hui aura été long et fastidieux, pas qu'on y soit allés en taxibrousse mais j'ai connu mieux. Afin de bénéficier de tarifs hors du commun, comprenez le billet d'avion à 16€, nous avons décollé de Dortmund. Deux petites heures plus tard, nous arrivions à Cluj-Napoca et à notre grande surprise, nous étions attendus par deux étudiantes de l'école qui nous ont conduit, nous et nos 4 valises grosses comme le nez de Depardieu dans un toute petite Polo jusqu'aux logements universitaires. Pour l'anecdote, quand elle a essayé d'ouvrir son coffre, la serrure était gelée, Welcome to Romania <3.

A première vue, rien d'extra-ordinaire en ce qui concerne la périphérie de la ville. On pourrait nous faire croire qu'on est juste dans un village un peu paumé de la province du Luxembourg avec des maisons en crépi mal entretenues et des réverbères façon Jemeppe-sur-Meuse. Arrivés, j'apprends que je n'apparais pas sur les listes bien que ce soit moi qui ait réservé et après une demi-heure de stress et baffes mentales dans la gueule, on me trouve quand même une chambre. Pour l'instant, Selin et moi ne sommes pas ensemble mais avec un peu de chance, on saura arranger ça dans le courant de la semaine. Parlons des chambres justement, elles sont pour deux, relativement petites et excessivement sommaires question mobilier. Je pense en avoir récupéré une qui est particulièrement délicieuse pour une quantité déroutante de petites raisons. Par exemple, le robinet de la salle de bain "fuit" (l'eau coule à flots quand on le ferme mais on peut toujours jouer avec les vannes en dessous, cool !), et le matelas ma foi, a dû être récupéré sur une brocante post-URSS. Mais trève de complaintes, les autres étudiants ont l'air de s'en sortir plutôt pas mal en faisant preuve d'ingéniosité, créant système d après système d.

Mon moral venait de prendre un sale coup et les premiers "Bon dieu, mais dans quelle tourbier je suis encore allé me taper"m'ont envahi l'esprit. Cependant, je reste positif car comparé à mes premiers jours à Kountze, le choc culturel est pour le moment moindre. On est allés jusqu'au centre commercial qui n'est qu'à un jet de pierre de résidence pour aller chercher un petit truc à manger - quand on vous dit qu'il n'y a rien dans les chambres, il n'y a rien; pas même du pq-. Les contrastes dans cette ville sont assez interpellants, les rues où on habite sont d'une laideur sans nom (quand je disais brocante ex-urss, je n'exagérais que très peu), les bâtiments sont de gros blocs de béton, pas très cozy, pas super entretenus et très tristes. En revanche, toutes les nouvelles constructions sont pimpantes et tape à l'oeil, quasi américaines parfois de par leur architecture. L'université d'économie a des allures de stade de foot, et le centre commercial est juste énorme. Il y a tout : Auchan, H&M, Zara, Starbucks pour les enseignes qui m'ont marqué l'esprit ; des magasins à la pelle, des restos, un cinéma, des bureaux de change, et le reste ben j'ai pas encore vu. (Ce décalage architectural s'observe aussi sur les gens : les plus vieux semblent sortis d'un film d'Emir Kusturica alors que les plus jeunes sont comme vous et mois -avec une tête de slave, ça va de soi-).

J'avoue que cette escapade fut une bouffée d'air pour Selin comme pour moi, car l'ombre d'un instant, on s'est retrouvés "chez nous". Les tables du Starbucks sont plus grandes que l'unique table des chambres et les fauteuils sont sacrément confort et nous avons d'un commun accord décidé d'élire domicile dans ce café. Non, je rigole mais on va salement zoner là pour travailler.

Starbucks trop cher ? Mais que nenni ! Dans ce pays, tout ce que j'ai vu pour le moment est incroyablement peu cher. La devise utilisée ici est le lei (un leu, deux lei, c'est ainsi) et l'abréviation est le RON. Pourquoi, je ne sais pas. Un euro équivaut à peu près à 4.25 lei, je ne me suis pas encore fait à cette conversion. Pour parler fashionista, un café de la célèbre chaine coûte en moyenne 5 balles alors qu'ici, on ne débourse que la moitié si pas moins.

Autre détails sympa, je n'ai pas réussi à avoir de l'eau chaude et puis de toute façon l'eau froide avait déjà du mal à passer à travers le calcaire du pommeau (ai-je mentionné l'absence de tout rideau de douche ?). Bref, dépité, je suis allez squatter la salle de bain de Selin qui a carrément été pimpée puissance mille par sa roommate à coups de crochets/ventouse de tous cotés.

J'ai oublié de vous parler des gens qui vivent ici. Des étudiants, fatalement, venant de tous horizons. Bon j'avoue, je n'ai pas encore rencontré grand monde. Il y a Maria, une roumaine venue faire ses études à Cluj qui nous a très gentiment accueilli et montré les us et coutumes des logements ; il y a Cyprien, mon voisin de chambre normalement provisoire, c'est un parisien qui est en graphisme à Saint Luc, et puis il y a des gens à qui j'ai été brièvement présenté et dont je n'ai rien retenu. Et pour la petite info, les roumains ont l'air pas mal calés en français. Maria et le responsable des chambres nous parlent plus volontiers dans la langue de Molière que dans celle de Shakespeare.

C'en est assez pour aujourd'hui, je suis fourbu, cassé et un brin chagriné d'avoir laissé la belle vie que j'avais à Liège. Bien fait pour moi me direz-vous, et je ne vous donnerai pas tort.


En promo aujourd'hui, la vue depuis notre hublot. Il fait toujours beau au-dessus des nuages (phrase philo du jour).




A bientôt !

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