Deux jours à peine et déjà tant d'expériences !
Hier matin, le réveil fut moins douloureux que prévu : je ne me suis pas réveillé en sursaut tout en me demandant où j'étais dans un élan de désespoir. N'étant pas pour autant au top de mon moral, on a passé la matinée autour d'une tasse de café avec Cyprien, Selin et Sibel. Je vous lâche des noms comme ça, mais où sont les bonnes manières, je ne vous ai pas présentés ! Cyprien est mon voisin de chambre pour le moment, il est français et étudie le graphisme à Saint Luc. Sibel partage la chambre de Selin, étudiante en architecture d'intérieur à Saint Luc également, elle est ici depuis le mois de septembre et consacre la plupart de son temps ici à la sculpture et au travail du verre.
On a pas mal discuté de la vie d'étudiant Erasmus ici et de tout ce qu'il y a à faire dans le coin. Premièrement, je n'ai pas l'impression que Cluj soit la destination la plus "scolaire" qui soit, les profs ne sont apparemment pas très regardants envers notre présence en cours. A vrai dire, ils encouragent plutôt à ce qu'on aille à gauche et à droite pour découvrir, visiter et partir à l'aventure. Et visiblement, c'est ce qu'ils font ! Journée au ski, parapente, cinéma communiste abandonné et redécoré par on ne sait qui, marché au puces tzigane tous les samedis (j'aurai l'occasion d'y acheter casseroles et vélo pour une bouchée de pain), trips dans les montagnes où on loge chez l'habitant. Bref, les possibilités semblent tout aussi réjouissantes que variées et à mesure que la conversation avançait, je regagnais du baume au coeur.
Un peu plus tard, nous rencontrions enfin Laura, également française et étudiante à Saint Luc en photographie, elle était ici depuis une semaine déjà pour faire la touriste avec son frère et s'est installée dans la chambre adjacente à la mienne.
Après avoir fait d'énormes courses tellement exténuantes qu'on a pris le taxi pour retourner aux kots (1€, véridique) j'avais enfin en ma possession le tant attendu rideau de douche, mais aussi des bouteilles d'eau aussi énormes qu'en Amérique. Bizarrement, le pack de 6, ça n'existe pas ici, tout est à la pièce (et vu que l'eau du robinet goûte le vieux tuyau imbibé au tétanos, on carbure tous à l'eau minérale). Tant qu'on parle shopping, parlons d'Auchan. C'est assez paradoxal de se taper la Roumanie pour avoir des produits... fraaaaaaançais ! Tous munis d'une étiquette roumaine pour les ingrédients, un peu comme aux Pays-Bas en fait. Soit, j'ai enfin défait mes valises et me suis un peu installé dans ma chambre pour amplifier tant que possible le sentiment d'être chez moi.
Après avoir fait d'énormes courses tellement exténuantes qu'on a pris le taxi pour retourner aux kots (1€, véridique) j'avais enfin en ma possession le tant attendu rideau de douche, mais aussi des bouteilles d'eau aussi énormes qu'en Amérique. Bizarrement, le pack de 6, ça n'existe pas ici, tout est à la pièce (et vu que l'eau du robinet goûte le vieux tuyau imbibé au tétanos, on carbure tous à l'eau minérale). Tant qu'on parle shopping, parlons d'Auchan. C'est assez paradoxal de se taper la Roumanie pour avoir des produits... fraaaaaaançais ! Tous munis d'une étiquette roumaine pour les ingrédients, un peu comme aux Pays-Bas en fait. Soit, j'ai enfin défait mes valises et me suis un peu installé dans ma chambre pour amplifier tant que possible le sentiment d'être chez moi.
Un peu après nous retournions tous ensemble au Iullius Mall (ce fameux centre commercial dont je vous parle tout le temps) pour se procurer un numéro roumain. Chez Orange, pour 8€/mois on peut passer sa vie au téléphone et en bonus, on peut téléphoner à l'étranger. Et puis comme si ce n'était pas assez, on vous propose un gsm pour 1€. Le seul inconvénient c'est que dans ce pays il semblerait qu'ils adorent la paperasse, les contrats, les fiches et tout ce qui peut mettre vingt plombes à remplir. Résultat, pour cinq cartes sim, nous sommes restés une heure complète. Mais au moins, on peut maintenant se considérer comme le gang des Samsung tous pourris.
Je vous passe les détails sur nos achats de groupe de bouilloires à 4€ et enchaîne avec la soirée d'hier soir. Sibel nous a proposé d'aller boire un verre dans le centre, pour le départ d'un ami Erasmus turc et j'ai enfin vu la différence architecturale entre le coeur de la ville et sa périphérie, j'étais très agréablement surpris. Le bar où on était s'apparentait au Pot Au Lait exposant douze. Une ambiance incroyable avec énormément de décorations, une lumière nickel, de la bonne musique jouée fort assez pour qu'on puisse en profiter tout en comprenant les conversations. Inutile de préciser que les prix des boissons sont dérisoires, il est très facile de devenir altruiste dans ce pays quand on sait qu'une tournée de 5 cocktails coûte à peine 10€. A 10€ sur Paris, vous aurez peut-être si vous avez de la chance une bière ou un Get27. On a eu l'occasion de bien parler tous ensembles et d'apprendre à mieux se connaître. J'étais vraiment super content, ce sont des gens avec un véritable monde bien à eux, une sensibilité artistique et on sent qu'on peut apprendre beaucoup d'eux. La soirée s'est finie aux petites heures autour d'un bol de nouilles instantanées avant de tous tomber dans les bras de Morphée.
Aujourd'hui fut un brin moins fun. Je suis allé à pied jusqu'au centre muni de mon appareil photo, sans véritable idée d'où j'étais. J'ai cherché sans succès l'école bien que j'étais sur la bonne place avant de faire un saut à l'Institut Français, une association pour la promotion de la culture française à Cluj qui propose entre autres un centre média, des cours de langue et puis plein d'évènements culturels (expos, projections de film, conférences, etc). J'ai gouté un patisserie hongroise, le Kürtőskalács. Une bande de pate est enroulé autour d'un cylindre et le tout est cuit au dessus d'un feu de bois alors que les cylindres tournent, motorisés avec des chaines de vélo autour du barbecue, ça vaut le détour !
Exténué, je suis rentré en bus. Je crois que je me suis mangé un bon choc culturel dans la face. En soit, je n'ai rien vécu d'outrant ou quoi que ce soit qui puisse égaler mes premiers jours au Texas mais en ce qui me concerne, le nouveau me casse.
On a mangé dans la cuisine avec les gens de l'étage qui avaient fait de la "souper d'hiver" pour tout le monde. 90% de français, une polonaise, un albanais et des "faux-belges"comme Selin et Sibel au sang turc et moi l'atypique italo-luxembourgeois. Lors des présentations, quand nous avons mentionné que nous étudions la publicité, on s'est fait prendre de haut par un "Ah ouais, c'est pas d'l'art ço". Et ma foi, ils n'ont qu'à moitié tort. La publicité n'est pas un art mais du marketing. Maintenant, on peut vendre en faisant de la merde ou en fournissant un vrai travail. Nos études consistent à étudier les techniques présentes dans l'art pour idéalement les utiliser dans nos créations et présenter un travail de qualité qui n'insulte pas le consommateur (qui n'aura de toute façon pas le choix de voir la pub ou pas).
Alors que tout le monde allait au bowling d'à coté (ils y vont tellement souvent qu'ils ont tous leur casquette brodée), Selin et moi avons trainé en pij' devant des The Big Bang Theory, c'était salutaire.
Je vous tiens au courant des jours qui viennent, zwarme kusjes.
| La Samsung Team De gauche à droite : moi, Laura, Sibel, Selin et Cyprien |
| En sortant de la résidence, strada Alexandru Vaida Voevod |
| Facile de penser que Cluj comporte 400 000 habitants quand on voit la quantité de cage aux poules sur une seule rue |
| Pour construire ce bâtiment, ils ont dû payer l'architecte une seule fois étant donné qu'il a été construit à l'identique une vingtaine de fois sur la même rue. |
| En se rapprochant du centre |
| Piata Unirii |

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