mardi 26 mars 2013

Quand je tousse sur mon ordi, les petits postillons servent de prisme à la lumière de l'écran. Ca fait des arcs-en-ciel.

The Kinks - Sunny Afternoon
(La vidéo vend du rêve)

Dearest followers,

Désolé de vous laisser dans l'absence de nouvelles pendant de si longues périodes. Les derniers jours n'ont pas été aussi réjouissant que j'aurais pu l'espérer. J'ai travaillé en textile à l'avancement de mon batik, la cousine de Selin est venue nous dire bonjour et on a mangé comme des rois avec les Turcs, j'ai envoyé au labo un film pour pouvoir le développer moi-même et puis le weekend, je me suis juste reposé car le temps étant ce qu'il est, je suis un peu malade. 

Dans un tout autre registre, je me casse ce soir en train couchette pour quelques jours à Bucarest et là, promis, je vous ferai un compte rendu digne de ce nom.

D'ici là, portez-vous bien, veillez à vraiment manger vos cinq fruits et légumes par jour et prenez-vous une minute pour fermer les yeux et respirer avant de retourner à vos activités.

Best wishes :))


mercredi 20 mars 2013

Tout ce qui brille n'est pas brillant, ta soeur par exemple.

Madonna - Isaac

Goeiemorgen iedereen :)

La vie est une aventure folle en ce moment, ce n'est que réjouissance.

Mardi matin, grosse réunion en petit comité avec Mme Angela, la prof d'installation qui nous coordonne sur le projet du "Cinéma communiste abandonné". En effet, suite à l'engouement général des étudiants Erasmus et de la fascination de nos profs du département photo/vidéo, nous avons décidé de faire une exposition sur toutes les oeuvres qui nous auront été inspirées par ce lieu peu commun. Il fallait donc commencer quelque part et nous avons donné les premiers coups de pelle pour creuser les fondations de ce projet exceptionnel. Je serai en charge de la réalisation d'un livre reprenant l'évolution du projet avec photos et annotations ainsi que la présentation des travaux finis. Pour m'aider dans cette tâche, une étudiante allemande en photo -Mieke- m'accompagne, elle a déjà réalisé plusieurs magazines et brochures avec un collectif, ils sont vraiment supers. 

Entre temps, tout le monde se prend la tête à faire des démarches administratives en allant à des bureaux de fonctionnaires qui ouvrent uniquement de 8h30 à 10h du matin, c'est d'un pratique. Le top du top étant que, comme toujours, on a du sucer de notre pouce qu'il fallait qu'on avoir un permis de séjour. (Le désarroi de l'entrée dans la vie active)

Après avoir dormi quatre heures par nuit, deux jours d'affilée, j'ai fait une sieste salutaire à ma santé mentale.

Ce mercredi, j'ai confirmé l'arrêt de mon hibernation en me levant une fois de plus aux aurores pour aller avec Laura et Brice à Zorilor (Département photo/vidéo pour ceux qui suivent) afin d'assister au cours d'infographie donné par Mme Angela. Une meuf super sympa nous a fait la traduction et nous avons le choix de faire nos projets autour de deux thèmes. Soit refaire des insectes en utilisant uniquement la typographie ou utiliser l'espace négatif pour créer des doubles sens. J'ai conscience que ce dernier morceau de phrase ne vous évoque rien du tout, laissez-moi illustrer ma pensée.






On a aussi eu l'occasion de parler avec Dorel (safari man prof de photo). Il avait l'air très flatté qu'on s'intéresse tant à son cours et qu'on pose plein de questions sur les dizaines de projets qu'il nous a proposé de faire. C'est pas du job de débutant, ce sera un véritable challenge à relever et je ne vous cache pas que je me réjouis :)) On a rencontré Xabier, un étudiant espagnol vivant à Cluj depuis le premier semestre et qui vit à deux pas de chez nous. Il est super sympa et on l'a bien sur invité à passer aux dortoirs quand il voulait.

Après ça, Laura et moi avons couru à l'autre bout de la ville pour rencontrer la prof de textile afin de lui soumettre nos projets pour les batiks. Ce n'est pas sans appréhension que je suis entré dans la classe, vu la manière dont on s'était faits remballés la fois passée. Heureusement que j'étais assis, parce que la surprise fut de taille : elle a a-do-ré. A un tel point que l'idéal serait que je réalise trois projets plutôt qu'un tellement les photos et les montages correspondent à ce qu'elle recherchait. Dans la foulée, elle a compris que je faisais de la danse et aimerait nous offrir des tickets pour la première mondiale d'un spectacle de danse contemporaine dada avec décors fauvistes (très concept, je vous le concède). J'ai retravaillé en fonction de ses critiques et on commence à se salir les mains dès demain !

Dans un autre domaine, l'évier de la cuisine est bouché même si on a changé le syphon la semaine passée. Ca pue. 

Ce soir, j'avais envie de laisser retomber la poussière et je suis allé au yoga. Ce sont les meilleurs 15 lei (€3,50) dépensés de la semaine, je me sens requinqué. Bien que la prof puisse irriter tellement elle est douce et calme dans sa manière de parler, elle est très attentionnée. Contrairement aux idées reçues, le yoga est une activité très physique permettant de tonifier les muscles de jambes, du dos, les abdos et les bras. Ca augmente l'équilibre, améliore la respiration, la concentration et puis bien sûr ça permet de faire le vide. Bref, je vous conseille vivement de sauter le pas et d'essayer au moins une fois. 

Journées de folies pour demain et la semaine à venir, c'est si agréable d'avoir une vie (hyper) active et si intéressante. De vous à moi, je suis très heureux d'être ici. Je savoure autant que possible les jours qui passent si vite, j'apprécie ma liberté à l'école et au quotidien, les gens que j'ai rencontré et que je rencontre encore. J'ai conscience de vivre une expérience unique et d'avoir un mode de vie que je n'aurai sûrement plus jamais l'occasion d'expérimenter. Cependant j'ai toujours ce petit pincement au coeur quand je pense à ma famille et aux amis formidables que j'ai laissé à Liège. C'est ça que j'aime dans le voyage, s'isoler de ce qu'on a et de ce qu'on est afin de prendre conscience de leur valeur et de les apprécier à leur juste titre quand on les retrouve. Je ne veux pas être ce genre de personnes qui considèrent tout comme acquis et qui se retrouvent un beau jour à se demander ce qu'il advenu des jours heureux. 

Sur ces confessions, je vous laisse et rejoins les bras de Morphée, on a du temps à rattrapper. 

Après celle-là, j'arrête de vous saouler avec mon faciès.







lundi 18 mars 2013

Je vois le monde comme je suis, non comme il est.

Une semaine sans nouvelles, c'est que j'ai des morceaux à vous faire écouter !


Gustavo Santaolalla - De Ushuaia a la Quiaca
(Ca c'est pour ma môman, écoute-le à fond avec ton casque :))

Netsky ft Billie - We Can Only Live Today (Puppy)
Ca c'est pour être dans l'air du temps et justifier que j'ai 20 ans en appréciant de la musique electro, belge de surcroit.

Lady Antelbum - Need You Now
Et comme je suis pire qu'une meuf, une chanson cheesy qui conviendrait parfaitement comme musique de bande annonce  pour le dernier film qui est sorti sur ma vie (production U.S, bien sûr !)

Venons-en aux faits, le récit paradoxal de cette semaine. Paradoxal dans le sens où il s'est passé plein de  choses et en même temps, je ne sais pas quoi vous dire. Selin nous a abandonnés pour un bref come back en Belgique. J'en ai profité pour devenir locataire de sa chambre, au grand bonheur de mon co-locataire qui en a profité pour vivre la vie de bohème artiste-peintre aux cotés de sa copine roumaine. Les matelas sans dessus-dessous, des odeurs de peinture, des tables sur les lits et des cheveux dans le dans l'évier, je doute que mes manières auraient fait long feu si j'étais resté. Pendant ce temps-là, on a vécu la bella vita avec Sibel en réaménageant leur chambre et en cuisinant des petits plats de gros porcs. 

Pour les cours, notre meeting d'installation/performance/photo a été annulé car le mouftard d'une des profs avait la coulante. On a donc saisi l'occasion pour retourner au cinéma communiste afin de s'imprégner du lieu et de chercher l'inspiration pour des projets à présenter. Cette vilaine de Laura a réussi à trouver la boite (vide) d'une des bobines du brillantissime Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain que je cherchais désespérément depuis le premier jour. 

Gosia (Pologne)




Le soir-même, il y avait à nouveau une soirée organisée par ESN-Cluj, l'organisme qui s'occupe des étudiants Erasmus sur Cluj. C'est une chouette occasion de rencontrer les étudiants ici pour d'autres études (principalement des gens qui viennent en médecine ou pour devenir ingénieur) mais c'est aussi une super occasion d'aller dans des boites pour barakis-classes, de crever de chaud, de payer son verre le double du bar d'à coté et d'avoir des acouphènes pendant une semaine tellement la notion de limite sonore leur semble inconnue dans ce pays. Bref, ce n'est pas mon type de sorties de prédilection.

Pour ce qui est de la danse, c'est une longue histoire. Cristi, le prof de sport en charge de la machine à laver des dortoirs (n'essayez pas de comprendre) a joué de ses contacts pour me trouver un endroit où je pourrais prendre des cours de danse. C'est ainsi que j'ai eu le numéro de Dan, professeur au Liceul de Coregrafie si Arta Dramatica Octavian Stroia, lycée dont j'avais franchi la porte une semaine plus tôt avant de me faire royalement remballer. J'ai traversé l'entièreté de Cluj en hâte pour me rendre à son studio sur les hauteurs afin de le voir en tout et pour tout deux minutes trente pour qu'il me dise de venir le lendemain à la Casa de Cultura. Il y avait là une répétition générale des élèves avant d'aller à un concours national parmis toutes les écoles en humanités chorégraphiques de Roumanie. 

J'ouvre une brève parenthèse pour m'excuser si mes phrases n'ont aucun sens et que mon orthographe vous donne de l'urticaire. Il est trois heures du matin, j'étais venu chercher calme et wifi dans la cuisine mais voilà que je finis encore de parler de yoga inter-dimensionnel, de poésie roumaine et de romance romano-américaine des grands-parents du fille du dortoir. Parenthèse refermée.

Ce lundi matin, je me suis levé aux aurores (6h30, c'était excessivement douloureux) pour constater avec désarroi que j'avais tort de me plaindre des embouteillages sur les grands axes et du monde dans les transports en commun en pleine journée car c'est vingt fois pire le matin. Sans parler du fait qu'on peut toujours se brosser pour trouver un taxi. J'ai honoré mon pedigree en arrivant avec vingt minutes de retard à mon premier cours, je ne vous dis pas comme j'avais honte. 

C'est ainsi que j'ai fait mes premiers pas au cours garçons en dernière année, aux cotés de Mr Dan, fort sympa jusque là. Il me parle en français et je parle en anglais avec les autres élèves. Il y a une pianiste jouant sur un piano à queue désaccordé et on démarre la barre. Si vous saviez comme je suis heureux de pouvoir à nouveau sentir cette légèreté dans la cage thoracique, cette raideur qui n'en est pas une dans les épaules et le dos et le coup de chaud dans les jambes après quelques exercices. Étonnement, je m'en tire plutôt pas mal à la barre, jusqu'à ce qu'on commence le milieu. Je me suis senti aussi inutile que lors de mes premiers cours à l'Académie l'an passé quand j'ai du faire face à mes lacunes en technique et à la nouveauté des pas et du style qui m'était imposé. J'ai pataugé dans la semoule sous le regard intransigeant de Mr Dan qui hurlait et jetait des regards noirs quand ce n'était pas des claques à ses élèves. J'ai toujours eu du mal à coller mon pied à ma jambe pendant mes pirouettes mais bizarrement, aujourd'hui ça se collait tout seul. J'ai mis un point d'honneur à appliquer ce que j'ai appris au cours de l'année précédente : ne pas se décomposer si on fait de la merde et finir son exercice avec une belle pause en bombant le torse avec la même fierté que si on s'appelait Rudolf Nureyev. Ca m'a valu la compassion dans le regard de la pianiste. 

Je suis le bienvenu tous les jours de 8 à 10 mais je n'envisage pas de suivre cinq cours par semaine, c'est incompatible avec le rythme de vie qu'on à ici et je donne priorité aux études à l'université. Ce n'est pas pour autant que je ne compte pas saisir cette opportunité qui m'est donnée pour me décarcasser la couenne et progresser autant que possible avant de retourner à l'Académie Grétry l'an prochain. A l'heure qu'il est, chaque muscle de mes bras et de mon dos prennent un vilain plaisir à me rappeler que je n'ai plus dansé depuis plus d'un mois alors que mes jambes tiennent bon. 

Pour rester dans le même thème, je suis allé dimanche avec mes amis roumains au Teatrul National pour assister à la première de Coppélia. Coppélia est un classique du registre classique et en quelques mots, c'est l'histoire d'un vieux cinglé dans un village qui fait des poupées, Coppélius. Son rêve est d'arriver à doter d'une âme Copélia, sa création fétiche. Attiré par la beauté de celle-ci, Frantz s'introduit dans son atelier avant que le vieillard lui fasse ingurgiter un somnifère afin de lui voler son âme. Jalouse, Swanilda sa promise rentre en cachette et prend la place du mannequin, fait tourner le vieux en bourrique, casse les poupées avant de s'enfuir avec son bien aimé et de se marier à la fête du village. 

Les solistes étaient remarquables, les costumes très beaux, les décors sympas mais il y avait à mon goût un peu trop de mîmes gnan-gnan où on s'emmerdait royalement. La musique était jouée en live par l'orchestre dans la fosse, j'ai eu des frissons qui m'ont traversés dès les premières notes tant c'était beau.

Après tout ce charabia sur la danse classique, je vous vois tourner de l'oeil et c'est pourquoi j'aborde un tout autre registre beaucoup plus léger : le bowling. Il y a à coté de la résidence un bowling tip top, très apprécié par les locataires pour son ambiance et ses 1€ la partie. J'y ai enfin mis les pieds, sous les recommendations appuyées des autres et je regrette juste de ne pas y être allé plus tôt. On s'habille comme des barakis, on met notre casqutte "Beyfin Bowling" jaune fluo et puis il n'y a plus qu'à. Autant vous le dire, je suis une klette monumentale, la rigole est mon amie mais il parait que j'ai un style hors du commun dans mon lancer qui s'apparenterait à la danse. Chassez le naturel, il revient au galop. 

L'alter ego de Laura, Géraldine au bowling

Et ce n'est pas parce qu'on est en école d'art qu'on n'a pas le droit de faire des photos de merde.

Inna (Grèce)

(Dans la rigole, je vous le disais)

Raluca (Roumanie)

Rémi, je mets cette photo dégueulasse de toi car tu n'es qu'un petit bâtard qui a fait cinq strikes consécutifs.


Mais je vous rassure, on travaille aussi sérieusement pour les cours (à me lire comme ça, on n'en a pas l'air, je vous le concède). Laura et moi avons fait un shooting photo pour nos auto-portraits en textile. Ca a pris du temps mais c'était super cool et le résultat est très satisfaisant. Je n'ai pas beaucoup de photos à vous montrer en tant que travail en photographie mais je veux bien vous montrer celles que j'ai retravaillées pour le cours de textile à condition que vous gardiez en tête que c'est un projet et que la finalité est de le peindre sur du tissus. 




Celles de Laura et les miennes, je leur réserve le sort qu'elles méritent, c'est à dire d'être traités sur Lightroom, peu importe le temps que ça me prendra d'essayer de comprendre ce programme. Pour l'heure, je peux juste vous montrer ceci :)


Et la raison pour laquelle je m'autorise à m'afficher quasi à poil sur le net, c'est parce que contrairement à la tendance Erasmus, j'ai perdu 2,5 kg depuis que je suis ici et que j'en suis fier comme un paon.

Et parce que j'ai Photoshop aussi. 

A bientôt les loukoums !

lundi 11 mars 2013

La Roumanie, c'est commander un thé au citron et on vous amène un thé avec un morceau de citron.

Oui, bon. Je n'ai pas à m'excuser d'avoir une vie à vivre mais je m'excuse quand même de vous avoir virtuellement abandonnés pendant une petite semaine, c'est pas très gentil pour ceux qui se sont amusés à venir voir s'il y avait du nouveau tous les jours.

JJ - Still
En boucle, 24h/7j

Voici le débrief de cette semaine en quelques mots. Le groupe Erasmus du département photo/vidéo avait réunion avec Angela (la prof d'installation/infrographie) et Dorel (souvenez-vous, le prof de photo en mode safari) afin que chacun d'entre nous présente son portfolio à tout le monde. Pour ceux que ça intéresse, voici le lien vers mon portfolio : www.behance.net/raphaelallegro. N'hésitez pas à aller liker les projets qui vous plaisent, ça flatte toujours l'égo. C'était très intéressant de voir ce que chacun fait de son coté, compte tenu qu'on vient tous de secteurs et de cultures différentes. J'ai été impressionné par les travaux respectifs d'Artur et Gosia. Ils ont un parcourt atypique. Gosia par exemple, a étudié la philo, la flore marine ou encore la théorie du cinéma avant d'entrer en arts. Si vous désirez jeter un oeil, voici le portfolio de Gosia.On a pu voir de très intéressantes performances, des installations, des photos, des vidéos, et plein d'autres travaux qui m'échappent. 

Angela a de belles ambitions pour notre groupe et nous propose d'organiser une exposition où l'on présenterait nos travaux aux multiples techniques autour d'un même thème. Il y a également une autre expo qui se fera aux alentours de mai, uniquement avec des installations crées par les élèves de l'UAD. Tout plein d'autres projets nous ont été proposé en photo, c'est très motivant.

Après plusieurs heures de discussion intense avec dans l'estomac un café et une banane, ma tête qui avait perdu l'habitude d'être sollicitée a jeté l'éponge. On est allés avec Laura, Gosia et Artur manger à la "cantine" de l'université technique d'en face. Je mets des guillemets autour de cantine, car c'est le mot roumain pour désigner des restaurants qui n'ont pas vraiment le mérite d'être appelés restaurants. C'est autour de 2€50 pour un repas super complet bien que peu raffiné et on en retrouve un peu partout dans la ville. 

On est redescendus dans le centre en marchant à travers le cimetière. Il faisait beau, il faisait calme, on a parlé de la vie et de la mort avec Laura, c'était un beau moment.

Le soir même, nous étions conviés à la pendaison de crémaillère de Zofka (Pologne), Cloé (France), Inès (Portugal), Aliçka (Slovaquie) et Denise (Slovaquie). La plupart d'entre elles logeaient au dortoir pendant le premier semestre et on décidé de prendre un appart pour le second. Il se situe à coté du département photo/vidéo à Zorilor. Paré de ma veste fonkyfresh Gucci fraichement trouvée en friperie, on a pris le taxi tous ensemble avant de retrouver tout le monde sur place. Enorme buffet où tout le monde amène de quoi becqueter et puis pour le reste, il suffit de laisser faire les choses afin que la soirée soit un succès total. Il y avait là quasi tous les Erasmus que je connais, plus quelques rencontres fort sympathiques. Enfin, je ne vais pas m'étaler sur la manière dont j'ai mangé des chips en postillonnant sur Juliette, dont on a retenu Tristan d'essayer de passer du balcon à la fenêtre de la cuisine en marchant sur un rebord en plastique de 10 cm de largeur, dont j'ai essayé de parler Italien avec les meufs de Bari, dont j'ai discuté pour la sixième fois en un mois de réincarnation et de spiritualité ou encore comment les flics sont venus tuer la soirée à minuit à peine. Cluj étant une ville avec une très grande majorité d'énormes buildings, il est très très courant de voir les flics débarquer pour mettre fin aux soirées car les voisinages ont le téléphone facile. On a mangé des tartines de Nutella en buvant du thé avant d'aller se coucher et c'était très bien comme ça.


Pour la fin de la semaine, je suis allé voir ce qu'il en était du département textile. Il se trouve tout près des dortoirs avec les départements sculpture/verre/céramique. On a reçu un briefing pour un projet d'auto-portrait. On va devoir faire des batiques, c'est une technique où on trace son dessin à la cire sur le tissu afin que les couleurs ne se mélangent pas une fois qu'on peint. 

Celui-ci est un peu moche, mais ça vous donne une idée.
Une fois de plus, je m'abstiendrai de vous donner trop de détails sur les soirées de ce weekend. On s'est fait une soirée trio avec Selin, Sibel et moi-même à parler de nos vies, de la vie et parfois même, on appréciait de ne pas se parler mais juste d'être ensemble. Je suis aussi sorti dans des bars de riches pour boire du vin roumain avec mes amis roumains, c'est très agréable de changer du cadre estudiantin, artistico-hippie dans lequel on baigne en permanence. Retenez juste que Cluj est une excellente ville pour s'amuser pour pas cher, en sécurité (contrairement aux à priori, on se sent beaucoup plus en sécurité ici qu'à Liège) et où on rencontre des gens du monde entier. J'ai rencontré un texan venant de Fort Worth, Dallas qui fait ses études à Paris et qui connaissait Kountze, Beaumont et le SETX (South East Texas). 


Dimanche soir, avant que Selin ne retourne pour la semaine en Belgique, on a passé une dernière soirée tous les trois en allant au Samsara. C'est un salon de dégustation de thé assez particulier. Une maison en dehors du centre, on y enlève ses chaussures quand on rentre, il y a des tapis et des coussins partout au sol, on peut s'assoir dans des alcôves en tissus, il y a de la musique electro/world et puis il y a la voie lactée... Une pièce au murs recouverts de peinture fluos qui grâce aux lumières noires vous donne l'impression d'être sur le toit de votre maison et de regarder l'espace. Par contre, conseil d'ami, ne commandez JAMAIS un Ice Tea chez eux. 50% du verre n'est que feuilles de thé qui prennent un vilain plaisir à vous venir en bouche et vous vous retrouvez à les mâchonner comme un bovin.








Aujourd'hui, lundi, après être passé en textile montrer l'avancement des projets à une prof ressemblant étrangement au cliché de la dame aigrie du monde de la haute couture (Cruella quoi), on est allé jusque Piata Unirii payer notre loyer afin d'éviter de se faire agresser par l'administrateur des dortoirs à coup de "Il faut payer le taxe". On a rejoint Rémi (Fr), Charlie (Fr) et Weronicka (Pl) dans une cantine absolument dégueulasse où Laura a eu la joie de déguster un gâteau de pâtes au raisins secs (oui oui, c'est un dessert). Rémi a engagé la conversation avec deux messieurs qui parlaient un peu français. De fil en aiguille, ils nous apprennent qu'ils sont des acteurs venus de Bucarest pour jouer ce soir "Le dîner de cons" au Teatrul National de Cluj. L'un d'eux a un visage qui m'est familier, il a joué dans des films avec Depardieu et est à l'affiche d'un autre film en ce moment au cinéma. Tout naturellement, il nous invite tous à la pièce de ce soir et le ticket gagnant pour rentrer gratos c'est de trouver le manager Monsieur Gabi quand on arrive. Je ne vous raconte pas le chic que c'est de se ramener dans une salle de spectacle de cette classe avec des gens en training, casquette NY et sacs de rando. Bien que l'histoire nous soit familière, tout était en roumain et on ne comprenait plus rien à la vie. On essayait de rigoler en même temps que le public histoire d'être un minimum actifs mais j'ai vite sombré dans la sieste et les jeux pour iPod.

Affamés, on a mangé dans un excellent restaurant italien tous ensembles, c'était très agréable. 

Ca fait quelques jours qu'il fait un temps de chien. Gris, nuageux, moche et pluvieux ; bref, comme à Liège. Croyez-le ou pas, mais quand je suis sorti la première fois par ce temps, j'ai buggé une seconde tellement l'ambiance qui se dégageait des rues m'a donné un coup de nostalgie.

Il y a tellement de choses à dire sur ce voyage et pourtant, je ne vous écris que des bribes de ce que je vis ici. Il y a tous ces petits moments que je saurais vous raconter comme aller zoner dans la chambre de vos voisins de palier, se taper des fous rires sur le bruit d'une prout, faire à manger tous ensemble dans la cuisine, découvrir des nouvelles chansons quand on est vautré sur le lit des autres, revenir du sport ensemble tard le soir, rencontrer plein de gens et se lier d'amitié avec quelques uns, marcher tout seul dans les rues en écoutant de la musique et se sentir chez soi. Puis il y a aussi ce sentiment de liberté profonde où je me dis que je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux et avec qui je veux. Je ne suis pas un détenu quand je suis à Liège mais je suis prisonnier de mon quotidien. Ici, je lache du lest et c'est exactement ce que j'étais venu chercher.

J'ai reçu d'excellentes nouvelles pour la danse mais j'attends d'en savoir plus pour vous dire ce qu'il en est :)

Piata Unirii

Début du Boulvardul Eroilor, depuis Piata Unirii
Un peu hors contexte mais j'avais oublié de mettre la photo du groupe lors de notre trip à Palatca.

mardi 5 mars 2013

"I came here to drink milk and kick arses. And I've just finished my milk." The IT Crowd

Parachute Youth - Count To Ten

Buna ziua guys,

Exciting news today ! Lundi matin, je suis allé en compagnie de Laura, Brice, Gosza et Artur jusqu'au département photo/vidéo de l'UAD (Universitad de Arta si Design, on va essayer d'utiliser l'abréviation pour gagner un peu de temps). Il se situe dans le quartier Zorilor, à l'autre bout de la ville sur les hauteurs (et c'est pour ça que personne ne veut y aller car il n'y a qu'un bus qui y va). Le quartier à l'air tout récent, il y a plein d'universités, c'est assez cool.

On rencontre plein d'autres Erasmus du dortoir en arrivant sur place, on est accueillis par une prof qui semblait nous attendre, c'est si agréable que quelqu'un ait enfin de l'attention pour nous dans cette école. La dame est une prof d'infographie qui s'occupera également d'organiser le festival de "perfomance" de Cluj. Les performances, variante du happening sont une branche de l'art contemporain, si je puis ainsi m'exprimer. L'oeuvre de l'artiste existe car il exécute quelque chose en public, utilisant diverses techniques artistiques (photo, vidéo, installations, les seules limites sont celles qu'on se pose). Nous avons ensuite rencontré le prof de photo, une sorte de Philippe Lambillon roumain, habillé de la tête aux pieds en safari man, un vieil appareil argentique pendant au cou. Il nous accueille en anglais, converse en français, répond à ses collègues en roumain et passe à l'hongrois quand une autre étudiante l'accoste. Un peu après, nous rencontrons la prof de performance, qui donnait avant le cours de mixed media. Mixed media a l'air vraiment vraiment cool, on apprend à tirer ses photos sur différents supports qu'on ne retrouve pas souvent, comme du bois par exemple. On discute avec elle des éventualités de futurs projets, on lui montre nos portfolios pour qu'elle voit ce en quoi consiste nos études, un brin différentes de ce qui se donne ici. Elle prend également le temps de nous expliquer le fonctionnement des cours d'ici : un élève choisit un série de matières et le cours est prévu à une date pendant l'année. Pendant une semaine, les élèves viennent à ce cours quatre heures par jour et puis passent à un autre cours. Cependant, rien ne les empêche de sonner au prof ou de lui envoyer un e-mail pour se donner rendez-vous et discuter d'un autre projet que l'élève a envie de faire de son coté. 

Là, ça change toute la mise et le système hippie de cette école d'artiste prend tout son sens. J'aime ça. 

De plus, c'est vraiment motivant de discuter avec ces profs. Ils ont l'air réellement intéressés par ce que vous racontez, par votre univers artistique et ont le désir de tout mettre en oeuvre pour que vous arriviez à concrétiser vos projets. Il faut aussi dire qu'en étant Erasmus, on est avantagés dans le sens où il encore plus envie de mélanger nos connaissances aux leurs. La prof de performance/mixed media ne veut pas juste nous donner un projet comme elle le fait avec ses autres élèves mais veut que son briefing comporte aussi ce qu'on étudie chez nous. Je ne sais pas si j'arrive à exprimer clairement ce que j'ai en tête, mais retenez juste que c'est génial et que je suis re-gonflé à bloc pour commencer les cours. 

Après avoir un peu zoné dans le reste du bâtiment pour voir les travaux des étudiants (du bon et du mauvais, comme partout), nous avons pris un bus bondé jusqu'à Piata Unirii pour aller dans le bâtiment de graphisme. Brice et Laura nous ont fait découvrir le labo photo. Deuxième coup de coeur de la journée, une dame d'un certain âge baragouinant quelques mots de français nous a expliqué toutes les étapes pour développer un film et tirer ses photos. J'étais au 7ème ciel, j'ai toujours rêvé d'apprendre ça, je suis comblé et par pure bonté, je vais vous éviter tous les détails. Il est juste intéressant de noter que bordel, ça prend du temps. Quasi aucun étudiant roumain n'utilise ce labo car c'est long, c'est uniquement de l'argentique, du noir et blanc et parce qu'il faut avoir une sacré expérience pour avoir un résultat satisfaisant. (Maintenant il y a moyen d'utiliser cet endroit et ces techniques à d'autres fins, en graphisme notamment. Gosza sautait dans tous les coins tellement les idées lui fusaient.)

On a mangé tous ensemble dans un restaurant thaïlandais qui passait en boucle une compilation des Beatles. C'était très frais, très bon et le riz était à volonté. Brice en a usé et abusé pour seulement 13 lei, soit moins de 3€.

Le soir, on s'est retrouvés au vernissage d'une expo dans un bistro. L'artiste avait pris des photos noir et blanc de murs abimés avec des tags disant en roumain "Regarde le ciel" et des trucs clichés du genre. Ce n'était pas mauvais mais très déjà vu. Sans compter que les impressions étaient sur du papier machine collé à la Pritt sur des cartons. Mais il y avait un buffet avec de la bouffe gratuite, alors personne ne s'est plaint. 

Soirée relaxation à la salle de sport, sauna, piscine et bain à bulles avec vue sur Cluj de nuit, voilà de quoi clore une excellente journée.

Aujourd'hui, mardi, je n'était pas parti d'un très bon pied pour être productif. C'était sans compter sur Selin et Sibel qui voulaient que je les shoote pour un projet qu'elles veulent faire. Le projet s'est un peu construit de lui-même pendant qu'on le faisait mais pour vous mettre dans le bain, elles se sont habillées en gitanes. Vous connaitrez les finalités une fois qu'on aura fait la deuxième partie mais pour l'heure, voici le résultat en photos.

















Et puis celles pour le fun






Cette tranche de rire vous étais offerte par pure bonté.