lundi 11 mars 2013

La Roumanie, c'est commander un thé au citron et on vous amène un thé avec un morceau de citron.

Oui, bon. Je n'ai pas à m'excuser d'avoir une vie à vivre mais je m'excuse quand même de vous avoir virtuellement abandonnés pendant une petite semaine, c'est pas très gentil pour ceux qui se sont amusés à venir voir s'il y avait du nouveau tous les jours.

JJ - Still
En boucle, 24h/7j

Voici le débrief de cette semaine en quelques mots. Le groupe Erasmus du département photo/vidéo avait réunion avec Angela (la prof d'installation/infrographie) et Dorel (souvenez-vous, le prof de photo en mode safari) afin que chacun d'entre nous présente son portfolio à tout le monde. Pour ceux que ça intéresse, voici le lien vers mon portfolio : www.behance.net/raphaelallegro. N'hésitez pas à aller liker les projets qui vous plaisent, ça flatte toujours l'égo. C'était très intéressant de voir ce que chacun fait de son coté, compte tenu qu'on vient tous de secteurs et de cultures différentes. J'ai été impressionné par les travaux respectifs d'Artur et Gosia. Ils ont un parcourt atypique. Gosia par exemple, a étudié la philo, la flore marine ou encore la théorie du cinéma avant d'entrer en arts. Si vous désirez jeter un oeil, voici le portfolio de Gosia.On a pu voir de très intéressantes performances, des installations, des photos, des vidéos, et plein d'autres travaux qui m'échappent. 

Angela a de belles ambitions pour notre groupe et nous propose d'organiser une exposition où l'on présenterait nos travaux aux multiples techniques autour d'un même thème. Il y a également une autre expo qui se fera aux alentours de mai, uniquement avec des installations crées par les élèves de l'UAD. Tout plein d'autres projets nous ont été proposé en photo, c'est très motivant.

Après plusieurs heures de discussion intense avec dans l'estomac un café et une banane, ma tête qui avait perdu l'habitude d'être sollicitée a jeté l'éponge. On est allés avec Laura, Gosia et Artur manger à la "cantine" de l'université technique d'en face. Je mets des guillemets autour de cantine, car c'est le mot roumain pour désigner des restaurants qui n'ont pas vraiment le mérite d'être appelés restaurants. C'est autour de 2€50 pour un repas super complet bien que peu raffiné et on en retrouve un peu partout dans la ville. 

On est redescendus dans le centre en marchant à travers le cimetière. Il faisait beau, il faisait calme, on a parlé de la vie et de la mort avec Laura, c'était un beau moment.

Le soir même, nous étions conviés à la pendaison de crémaillère de Zofka (Pologne), Cloé (France), Inès (Portugal), Aliçka (Slovaquie) et Denise (Slovaquie). La plupart d'entre elles logeaient au dortoir pendant le premier semestre et on décidé de prendre un appart pour le second. Il se situe à coté du département photo/vidéo à Zorilor. Paré de ma veste fonkyfresh Gucci fraichement trouvée en friperie, on a pris le taxi tous ensemble avant de retrouver tout le monde sur place. Enorme buffet où tout le monde amène de quoi becqueter et puis pour le reste, il suffit de laisser faire les choses afin que la soirée soit un succès total. Il y avait là quasi tous les Erasmus que je connais, plus quelques rencontres fort sympathiques. Enfin, je ne vais pas m'étaler sur la manière dont j'ai mangé des chips en postillonnant sur Juliette, dont on a retenu Tristan d'essayer de passer du balcon à la fenêtre de la cuisine en marchant sur un rebord en plastique de 10 cm de largeur, dont j'ai essayé de parler Italien avec les meufs de Bari, dont j'ai discuté pour la sixième fois en un mois de réincarnation et de spiritualité ou encore comment les flics sont venus tuer la soirée à minuit à peine. Cluj étant une ville avec une très grande majorité d'énormes buildings, il est très très courant de voir les flics débarquer pour mettre fin aux soirées car les voisinages ont le téléphone facile. On a mangé des tartines de Nutella en buvant du thé avant d'aller se coucher et c'était très bien comme ça.


Pour la fin de la semaine, je suis allé voir ce qu'il en était du département textile. Il se trouve tout près des dortoirs avec les départements sculpture/verre/céramique. On a reçu un briefing pour un projet d'auto-portrait. On va devoir faire des batiques, c'est une technique où on trace son dessin à la cire sur le tissu afin que les couleurs ne se mélangent pas une fois qu'on peint. 

Celui-ci est un peu moche, mais ça vous donne une idée.
Une fois de plus, je m'abstiendrai de vous donner trop de détails sur les soirées de ce weekend. On s'est fait une soirée trio avec Selin, Sibel et moi-même à parler de nos vies, de la vie et parfois même, on appréciait de ne pas se parler mais juste d'être ensemble. Je suis aussi sorti dans des bars de riches pour boire du vin roumain avec mes amis roumains, c'est très agréable de changer du cadre estudiantin, artistico-hippie dans lequel on baigne en permanence. Retenez juste que Cluj est une excellente ville pour s'amuser pour pas cher, en sécurité (contrairement aux à priori, on se sent beaucoup plus en sécurité ici qu'à Liège) et où on rencontre des gens du monde entier. J'ai rencontré un texan venant de Fort Worth, Dallas qui fait ses études à Paris et qui connaissait Kountze, Beaumont et le SETX (South East Texas). 


Dimanche soir, avant que Selin ne retourne pour la semaine en Belgique, on a passé une dernière soirée tous les trois en allant au Samsara. C'est un salon de dégustation de thé assez particulier. Une maison en dehors du centre, on y enlève ses chaussures quand on rentre, il y a des tapis et des coussins partout au sol, on peut s'assoir dans des alcôves en tissus, il y a de la musique electro/world et puis il y a la voie lactée... Une pièce au murs recouverts de peinture fluos qui grâce aux lumières noires vous donne l'impression d'être sur le toit de votre maison et de regarder l'espace. Par contre, conseil d'ami, ne commandez JAMAIS un Ice Tea chez eux. 50% du verre n'est que feuilles de thé qui prennent un vilain plaisir à vous venir en bouche et vous vous retrouvez à les mâchonner comme un bovin.








Aujourd'hui, lundi, après être passé en textile montrer l'avancement des projets à une prof ressemblant étrangement au cliché de la dame aigrie du monde de la haute couture (Cruella quoi), on est allé jusque Piata Unirii payer notre loyer afin d'éviter de se faire agresser par l'administrateur des dortoirs à coup de "Il faut payer le taxe". On a rejoint Rémi (Fr), Charlie (Fr) et Weronicka (Pl) dans une cantine absolument dégueulasse où Laura a eu la joie de déguster un gâteau de pâtes au raisins secs (oui oui, c'est un dessert). Rémi a engagé la conversation avec deux messieurs qui parlaient un peu français. De fil en aiguille, ils nous apprennent qu'ils sont des acteurs venus de Bucarest pour jouer ce soir "Le dîner de cons" au Teatrul National de Cluj. L'un d'eux a un visage qui m'est familier, il a joué dans des films avec Depardieu et est à l'affiche d'un autre film en ce moment au cinéma. Tout naturellement, il nous invite tous à la pièce de ce soir et le ticket gagnant pour rentrer gratos c'est de trouver le manager Monsieur Gabi quand on arrive. Je ne vous raconte pas le chic que c'est de se ramener dans une salle de spectacle de cette classe avec des gens en training, casquette NY et sacs de rando. Bien que l'histoire nous soit familière, tout était en roumain et on ne comprenait plus rien à la vie. On essayait de rigoler en même temps que le public histoire d'être un minimum actifs mais j'ai vite sombré dans la sieste et les jeux pour iPod.

Affamés, on a mangé dans un excellent restaurant italien tous ensembles, c'était très agréable. 

Ca fait quelques jours qu'il fait un temps de chien. Gris, nuageux, moche et pluvieux ; bref, comme à Liège. Croyez-le ou pas, mais quand je suis sorti la première fois par ce temps, j'ai buggé une seconde tellement l'ambiance qui se dégageait des rues m'a donné un coup de nostalgie.

Il y a tellement de choses à dire sur ce voyage et pourtant, je ne vous écris que des bribes de ce que je vis ici. Il y a tous ces petits moments que je saurais vous raconter comme aller zoner dans la chambre de vos voisins de palier, se taper des fous rires sur le bruit d'une prout, faire à manger tous ensemble dans la cuisine, découvrir des nouvelles chansons quand on est vautré sur le lit des autres, revenir du sport ensemble tard le soir, rencontrer plein de gens et se lier d'amitié avec quelques uns, marcher tout seul dans les rues en écoutant de la musique et se sentir chez soi. Puis il y a aussi ce sentiment de liberté profonde où je me dis que je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux et avec qui je veux. Je ne suis pas un détenu quand je suis à Liège mais je suis prisonnier de mon quotidien. Ici, je lache du lest et c'est exactement ce que j'étais venu chercher.

J'ai reçu d'excellentes nouvelles pour la danse mais j'attends d'en savoir plus pour vous dire ce qu'il en est :)

Piata Unirii

Début du Boulvardul Eroilor, depuis Piata Unirii
Un peu hors contexte mais j'avais oublié de mettre la photo du groupe lors de notre trip à Palatca.

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