Une semaine sans nouvelles, c'est que j'ai des morceaux à vous faire écouter !
Gustavo Santaolalla - De Ushuaia a la Quiaca
(Ca c'est pour ma môman, écoute-le à fond avec ton casque :))
Netsky ft Billie - We Can Only Live Today (Puppy)
Ca c'est pour être dans l'air du temps et justifier que j'ai 20 ans en appréciant de la musique electro, belge de surcroit.
Lady Antelbum - Need You Now
Et comme je suis pire qu'une meuf, une chanson cheesy qui conviendrait parfaitement comme musique de bande annonce pour le dernier film qui est sorti sur ma vie (production U.S, bien sûr !)
Venons-en aux faits, le récit paradoxal de cette semaine. Paradoxal dans le sens où il s'est passé plein de choses et en même temps, je ne sais pas quoi vous dire. Selin nous a abandonnés pour un bref come back en Belgique. J'en ai profité pour devenir locataire de sa chambre, au grand bonheur de mon co-locataire qui en a profité pour vivre la vie de bohème artiste-peintre aux cotés de sa copine roumaine. Les matelas sans dessus-dessous, des odeurs de peinture, des tables sur les lits et des cheveux dans le dans l'évier, je doute que mes manières auraient fait long feu si j'étais resté. Pendant ce temps-là, on a vécu la bella vita avec Sibel en réaménageant leur chambre et en cuisinant des petits plats de gros porcs.
Pour les cours, notre meeting d'installation/performance/photo a été annulé car le mouftard d'une des profs avait la coulante. On a donc saisi l'occasion pour retourner au cinéma communiste afin de s'imprégner du lieu et de chercher l'inspiration pour des projets à présenter. Cette vilaine de Laura a réussi à trouver la boite (vide) d'une des bobines du brillantissime Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain que je cherchais désespérément depuis le premier jour.
| Gosia (Pologne) |
Le soir-même, il y avait à nouveau une soirée organisée par ESN-Cluj, l'organisme qui s'occupe des étudiants Erasmus sur Cluj. C'est une chouette occasion de rencontrer les étudiants ici pour d'autres études (principalement des gens qui viennent en médecine ou pour devenir ingénieur) mais c'est aussi une super occasion d'aller dans des boites pour barakis-classes, de crever de chaud, de payer son verre le double du bar d'à coté et d'avoir des acouphènes pendant une semaine tellement la notion de limite sonore leur semble inconnue dans ce pays. Bref, ce n'est pas mon type de sorties de prédilection.
Pour ce qui est de la danse, c'est une longue histoire. Cristi, le prof de sport en charge de la machine à laver des dortoirs (n'essayez pas de comprendre) a joué de ses contacts pour me trouver un endroit où je pourrais prendre des cours de danse. C'est ainsi que j'ai eu le numéro de Dan, professeur au Liceul de Coregrafie si Arta Dramatica Octavian Stroia, lycée dont j'avais franchi la porte une semaine plus tôt avant de me faire royalement remballer. J'ai traversé l'entièreté de Cluj en hâte pour me rendre à son studio sur les hauteurs afin de le voir en tout et pour tout deux minutes trente pour qu'il me dise de venir le lendemain à la Casa de Cultura. Il y avait là une répétition générale des élèves avant d'aller à un concours national parmis toutes les écoles en humanités chorégraphiques de Roumanie.
J'ouvre une brève parenthèse pour m'excuser si mes phrases n'ont aucun sens et que mon orthographe vous donne de l'urticaire. Il est trois heures du matin, j'étais venu chercher calme et wifi dans la cuisine mais voilà que je finis encore de parler de yoga inter-dimensionnel, de poésie roumaine et de romance romano-américaine des grands-parents du fille du dortoir. Parenthèse refermée.
Ce lundi matin, je me suis levé aux aurores (6h30, c'était excessivement douloureux) pour constater avec désarroi que j'avais tort de me plaindre des embouteillages sur les grands axes et du monde dans les transports en commun en pleine journée car c'est vingt fois pire le matin. Sans parler du fait qu'on peut toujours se brosser pour trouver un taxi. J'ai honoré mon pedigree en arrivant avec vingt minutes de retard à mon premier cours, je ne vous dis pas comme j'avais honte.
C'est ainsi que j'ai fait mes premiers pas au cours garçons en dernière année, aux cotés de Mr Dan, fort sympa jusque là. Il me parle en français et je parle en anglais avec les autres élèves. Il y a une pianiste jouant sur un piano à queue désaccordé et on démarre la barre. Si vous saviez comme je suis heureux de pouvoir à nouveau sentir cette légèreté dans la cage thoracique, cette raideur qui n'en est pas une dans les épaules et le dos et le coup de chaud dans les jambes après quelques exercices. Étonnement, je m'en tire plutôt pas mal à la barre, jusqu'à ce qu'on commence le milieu. Je me suis senti aussi inutile que lors de mes premiers cours à l'Académie l'an passé quand j'ai du faire face à mes lacunes en technique et à la nouveauté des pas et du style qui m'était imposé. J'ai pataugé dans la semoule sous le regard intransigeant de Mr Dan qui hurlait et jetait des regards noirs quand ce n'était pas des claques à ses élèves. J'ai toujours eu du mal à coller mon pied à ma jambe pendant mes pirouettes mais bizarrement, aujourd'hui ça se collait tout seul. J'ai mis un point d'honneur à appliquer ce que j'ai appris au cours de l'année précédente : ne pas se décomposer si on fait de la merde et finir son exercice avec une belle pause en bombant le torse avec la même fierté que si on s'appelait Rudolf Nureyev. Ca m'a valu la compassion dans le regard de la pianiste.
Je suis le bienvenu tous les jours de 8 à 10 mais je n'envisage pas de suivre cinq cours par semaine, c'est incompatible avec le rythme de vie qu'on à ici et je donne priorité aux études à l'université. Ce n'est pas pour autant que je ne compte pas saisir cette opportunité qui m'est donnée pour me décarcasser la couenne et progresser autant que possible avant de retourner à l'Académie Grétry l'an prochain. A l'heure qu'il est, chaque muscle de mes bras et de mon dos prennent un vilain plaisir à me rappeler que je n'ai plus dansé depuis plus d'un mois alors que mes jambes tiennent bon.
Pour rester dans le même thème, je suis allé dimanche avec mes amis roumains au Teatrul National pour assister à la première de Coppélia. Coppélia est un classique du registre classique et en quelques mots, c'est l'histoire d'un vieux cinglé dans un village qui fait des poupées, Coppélius. Son rêve est d'arriver à doter d'une âme Copélia, sa création fétiche. Attiré par la beauté de celle-ci, Frantz s'introduit dans son atelier avant que le vieillard lui fasse ingurgiter un somnifère afin de lui voler son âme. Jalouse, Swanilda sa promise rentre en cachette et prend la place du mannequin, fait tourner le vieux en bourrique, casse les poupées avant de s'enfuir avec son bien aimé et de se marier à la fête du village.
Les solistes étaient remarquables, les costumes très beaux, les décors sympas mais il y avait à mon goût un peu trop de mîmes gnan-gnan où on s'emmerdait royalement. La musique était jouée en live par l'orchestre dans la fosse, j'ai eu des frissons qui m'ont traversés dès les premières notes tant c'était beau.
Après tout ce charabia sur la danse classique, je vous vois tourner de l'oeil et c'est pourquoi j'aborde un tout autre registre beaucoup plus léger : le bowling. Il y a à coté de la résidence un bowling tip top, très apprécié par les locataires pour son ambiance et ses 1€ la partie. J'y ai enfin mis les pieds, sous les recommendations appuyées des autres et je regrette juste de ne pas y être allé plus tôt. On s'habille comme des barakis, on met notre casqutte "Beyfin Bowling" jaune fluo et puis il n'y a plus qu'à. Autant vous le dire, je suis une klette monumentale, la rigole est mon amie mais il parait que j'ai un style hors du commun dans mon lancer qui s'apparenterait à la danse. Chassez le naturel, il revient au galop.
| L'alter ego de Laura, Géraldine au bowling |
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| Et ce n'est pas parce qu'on est en école d'art qu'on n'a pas le droit de faire des photos de merde. |
| Inna (Grèce) |
| (Dans la rigole, je vous le disais) |
| Raluca (Roumanie) |
| Rémi, je mets cette photo dégueulasse de toi car tu n'es qu'un petit bâtard qui a fait cinq strikes consécutifs. |
Mais je vous rassure, on travaille aussi sérieusement pour les cours (à me lire comme ça, on n'en a pas l'air, je vous le concède). Laura et moi avons fait un shooting photo pour nos auto-portraits en textile. Ca a pris du temps mais c'était super cool et le résultat est très satisfaisant. Je n'ai pas beaucoup de photos à vous montrer en tant que travail en photographie mais je veux bien vous montrer celles que j'ai retravaillées pour le cours de textile à condition que vous gardiez en tête que c'est un projet et que la finalité est de le peindre sur du tissus.
Celles de Laura et les miennes, je leur réserve le sort qu'elles méritent, c'est à dire d'être traités sur Lightroom, peu importe le temps que ça me prendra d'essayer de comprendre ce programme. Pour l'heure, je peux juste vous montrer ceci :)
Et la raison pour laquelle je m'autorise à m'afficher quasi à poil sur le net, c'est parce que contrairement à la tendance Erasmus, j'ai perdu 2,5 kg depuis que je suis ici et que j'en suis fier comme un paon.
Et parce que j'ai Photoshop aussi.
A bientôt les loukoums !






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